Rentrée scolaire : à Zando, les vendeurs de fournitures cherchent où vendre

À deux semaines de la rentrée scolaire, les préparatifs ne se déroulent pas comme d’habitude au marché central de Kinshasa, communément appelé Zando. Lundi 17 août, une descente d’Authentic360 sur place a permis de constater les difficultés rencontrées par les vendeurs de fournitures scolaires, confrontés au manque d’espaces de vente depuis le début des travaux de réhabilitation du grand marché.
Chaque année, à l’approche de la rentrée, Zando change de visage. Uniformes, sacs, cahiers, chaussures et autres fournitures envahissent les étals. Les parents affluent pour constituer les kits scolaires de leurs enfants et les commerçants profitent de cette période pour augmenter leurs ventes.
Cette année, l’ambiance est différente.
Les opérations visant à libérer les abords des avenues et des chaussées ont contraint plusieurs marchands à quitter leurs emplacements habituels. Certains se retrouvent sans espace fixe pour exposer leurs marchandises et attirer les clients.
Vendre en restant prêt à courir
Pour continuer à travailler malgré l’interdiction de vendre sur certaines voies, les commerçants ont développé des stratégies particulières. Bassines transformées en étals mobiles, sacs facilement transportables ou marchandises gardées à portée de main : tout est pensé pour pouvoir se déplacer rapidement à l’approche des policiers.

Chaque passage des forces de l’ordre devient ainsi une source de stress pour ces vendeurs.
« Nous sommes dérangés par la police. Nous sommes poursuivis à chaque instant. Nos yeux sont partout. À la moindre erreur, ils arrivent et confisquent nos biens. Nous sommes obligés de courir pour éviter le drame », témoigne Elisa, vendeuse d’uniformes scolaires.
Selon elle, les prix des fournitures ont même diminué par rapport à l’année dernière, mais cette baisse ne suffit pas à faciliter les ventes.
« Les prix d’achat ont baissé par rapport à l’année passée. Le problème, c’est que nous manquons de place pour vendre. Les uniformes doivent être exposés sur un étal pour attirer les clients. Maintenant, nous sommes obligés de les tenir en main, en cachette. Comment vendre ? Qui saura que nous vendons ces articles ? Dès que les policiers arrivent, nous fermons nos colis. Les kits scolaires sont moins chers, mais difficiles à vendre », explique-t-elle.

Une période décisive pour les familles
Pour plusieurs de ces petits commerçants, la rentrée scolaire représente une période particulièrement importante. Les recettes réalisées durant ces semaines servent non seulement à faire vivre leurs familles, mais aussi à préparer la rentrée de leurs propres enfants.
Bénédicte Bamuzola, vendeuse ambulante de couvertures scolaires, demande donc aux autorités de faire preuve de souplesse pendant cette période.
« Nous demandons à la police de nous accorder au moins cette période de rentrée scolaire pour vendre, afin que nous puissions aussi trouver les moyens d’envoyer nos enfants à l’école. Nous vivons de cette activité. Si nous ne vendons pas, nos enfants ne pourront pas retourner à l’école », plaide-t-elle.
Les commerçants disent comprendre la nécessité d’organiser et d’assainir le grand marché. Mais ils souhaitent que les opérations tiennent également compte de leur réalité économique.
Ils demandent notamment la mise à disposition d’espaces temporaires où ils pourraient exposer leurs marchandises sans devoir constamment surveiller l’arrivée des policiers.
À deux semaines de la rentrée, derrière les cahiers, les uniformes et les sacs scolaires, se joue donc une autre bataille à Zando : celle de commerçants qui cherchent simplement à vendre pour pouvoir, eux aussi, envoyer leurs enfants à l’école.
Milca Nlandu











