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Le prix des haricots connaît une forte hausse sur les marchés de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Depuis plusieurs semaines, cette augmentation affecte le pouvoir d’achat des ménages et réduit les ventes des commerçants.

Au marché central, le seau de haricots, qui se vendait auparavant entre 18 000 et 20 000 francs congolais (FC), coûte désormais entre 32 000 et 35 000 FC. Selon les variétés, les prix peuvent même atteindre 40 000 FC.

Interrogée par Authentic360.cd, Raël Ngavele, vendeuse de haricots au marché central, explique cette flambée par les difficultés d’approvisionnement liées à la reprise des violences armées dans plusieurs localités du territoire de Djugu, l’une des principales zones d’approvisionnement de Bunia.

« Les prix ont fortement augmenté ces dernières semaines à cause des affrontements entre l’armée et les miliciens de la CRP, mais aussi des attaques de la CODECO. Les habitants n’arrivent plus à accéder librement à leurs champs pour récolter. Le transport devient également coûteux à cause de l’insécurité sur les routes. Nous sommes obligés d’augmenter les prix pour avoir un bénéfice », témoigne-t-elle.

Au marché de Saïo, Dorcas Kembilanau, vendeuse de haricots, constate une baisse considérable de ses ventes, les consommateurs réduisant leurs achats face à la hausse des prix.

« Avant, je pouvais vendre jusqu’à sept seaux de haricots par jour. Aujourd’hui, écouler même trois seaux devient difficile. Les clients n’achètent plus comme avant et nos revenus diminuent », explique-t-elle.

Du côté des ménages, cette augmentation complique davantage les dépenses alimentaires. Alfred Kakani, habitant de Bunia, affirme que l’achat des haricots devient de plus en plus difficile pour les familles disposant de faibles revenus.

Pour sa part, Delphin Kisengia, entrepreneur et agronome basé à Bunia, confirme cette tendance haussière. Il appelle les autorités à rétablir la sécurité dans les zones agricoles du territoire de Djugu afin de faciliter l’accès aux champs et l’acheminement des récoltes vers les marchés. Il encourage également les agriculteurs à respecter le calendrier agricole pour améliorer la production locale.

La hausse du prix des haricots à Bunia illustre ainsi les répercussions de l’insécurité sur les circuits d’approvisionnement et le coût des produits alimentaires, avec des conséquences directes sur les revenus des commerçants et le pouvoir d’achat des consommateurs.

Reagan Bin Kakani, à Bunia

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