Kimpese : les vendeurs de « Wenze ya dimanche » réclament la construction d’un marché moderne

Dès les premières heures de ce dimanche, l’avenue du Commerce, qui mène à la mission catholique Sainte-Marie de Kimpese, dans le territoire de Songololo, province du Kongo Central, se transforme. Les motos klaxonnent, les acheteurs avancent lentement entre les étals et les voix des vendeurs se mêlent aux discussions des clients. C’est le « Wenze ya Dimanche », le marché du dimanche, l’un des rendez-vous commerciaux les plus populaires de Kimpese.
Ici, tout se vend et tout s’achète : friperie, épices, vivres, vêtements, chaussures, fournitures scolaires et articles ménagers. Des commerçants venus de plusieurs quartiers et des acheteurs venus des environs se croisent dans une ambiance animée, malgré la poussière, la chaleur et le manque d’infrastructures.
Serge Kamisalia étale ses épices sur une table en bois. Installé à Kimpese depuis 2007, il connaît chaque recoin de ce marché. Mais, selon lui, les conditions de travail n’ont presque pas changé.
« Le marché n’est pas en bon état, parce que l’État ne prend pas l’initiative de construire des marchés. Nous payons la taxe, nous devons être dans de bonnes conditions », explique-t-il, les yeux dirigés vers l’avenue animée.
Autour de lui, d’autres vendeurs installent leurs marchandises sur des bâches, des tables en bois ou directement sur le sol. Lorsque le soleil devient trop fort, certains cherchent un peu d’ombre sous les parasols. Lorsqu’il pleut, c’est toute la journée de travail qui est menacée.
« En cas de pluie, toutes mes marchandises vont se mouiller », déplore Daniel Tshamala, lui aussi vendeur. « Je suis sous le soleil, aucun endroit pour m’abriter. Nous voulons la construction d’un marché qui répond aux normes, nous payons la taxe. »
Un marché qui fait vivre la ville
« Wenze ya Dimanche » n’est pas seulement un lieu de commerce. Il est aussi un espace de rencontre, où l’on discute, négocie, retrouve des connaissances et suit les nouvelles de la cité de Kimpese voire même du pays tout entier.
Les vendeurs de friperie attirent particulièrement les jeunes et les familles à la recherche de vêtements à prix abordables. Plus loin, les épices, les vivres et les fournitures scolaires trouvent également preneurs.
Jackson Ekofo, vendeur de friperie, regrette toutefois que ce dynamisme ne se traduise pas par des infrastructures adaptées.

« Nous voyons partout à travers la République les marchés se construire, mais pourquoi à Kimpese jusqu’à maintenant il n’y a pas de marché ? Nous classons nos marchandises au sol, nous voulons qu’on nous construise un marché tout en nous séparant par pavillons », demande-t-il.
Au-delà du manque d’abris et de pavillons, la question foncière revient également dans les discussions. Certains autochtones demandent que l’État les associe avant tout projet de construction, car, selon eux, ce sont eux qui ont mis la terre à disposition pour ce marché.
« Les autorités doivent chercher un endroit pour ériger un marché, cela ouvrira la voie à de nombreuses opportunités », estime Kamisalia Serge.
Pour ces commerçants, un marché moderne ne serait pas seulement un confort : il permettrait de mieux organiser les activités, de protéger les marchandises, d’améliorer l’hygiène et d’attirer davantage de clients.
À la fin de la journée, alors que les derniers acheteurs quittent lentement les lieux, les vendeurs rangent leurs marchandises, souvent à la main, avant de rejoindre leurs domiciles.
« Wenze ya Dimanche » reste ainsi un marché à forte affluence et indispensable à l’économie locale.
Jevic Ebondo











