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Procès du général Philémon Yav : la défense demande l’acquittement et pointe l’absence de preuves

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L’affaire du lieutenant-général Philémon Yav Irung et de son co-prévenu Shauri Issa s’est poursuivie ce jeudi devant la Haute Cour militaire de Kinshasa. Lors de l’audience, la défense du général Yav Irung a demandé l’acquittement de son client.

Les avocats ont également contesté les accusations du ministère public, estimant qu’elles reposent davantage sur des déclarations et des soupçons que sur des preuves matérielles.

Me Parfait Kanyanga a notamment rejeté les accusations selon lesquelles le lieutenant-général Yav Irung aurait facilité le transport de munitions en provenance du Rwanda au profit de l’ennemi. Pour lui, aucun élément du dossier ne permet de corroborer cette accusation.

« Il n’existe aucune preuve qui vienne étayer ou corroborer les faits selon lesquels le général Yav Irung facilitait le transport des munitions au chauffeur du M23, qui est Shauri. Il s’agit d’un scénario monté de toutes pièces pour charger notre client », a-t-il déclaré.

« Un seul mot revient : le doute »

Dans sa plaidoirie, Me Carlos Ngwapitshi a, lui aussi, insisté sur l’absence, selon lui, de preuves suffisamment solides pour établir la culpabilité de son client.

« Il n’y a pas de preuve. Dossier vide. Sous farde pièces à conviction n’existe pas. Faits ni étayés, ni corroborés par les éléments de preuve », a-t-il soutenu.

L’avocat a notamment évoqué plusieurs éléments du dossier, dont les déclarations de Shauri, son statut de chauffeur, ainsi que les liens évoqués avec plusieurs personnes citées dans la procédure.

La défense s’est également interrogée sur l’absence de confrontation entre Shauri et Mwangachuchu, ce dernier étant détenu à la prison militaire de Ndolo. Elle a rappelé que Fidel, présenté comme le gestionnaire de Mwangachuchu, avait été entendu et confronté à Shauri avant d’être remis en liberté.

Pour Me Ngwapitshi, les déclarations et les différentes hypothèses évoquées au cours du procès ne peuvent suffire à établir une culpabilité pénale.

« Un seul mot revient. Il s’agit du doute », a-t-il insisté, appelant la Haute Cour militaire à ne pas condamner sur la base de simples possibilités ou suspicions.

La défense de Shauri conteste également les éléments du dossier

La défense de Shauri Issa a, de son côté, contesté certains procès-verbaux, notamment ceux relatifs à ses déclarations et aux éléments saisis dans le cadre de la procédure. Ses avocats les ont présentés comme ne pouvant, selon eux, servir de fondement à une condamnation.

Les deux prévenus sont poursuivis dans cette affaire pour des faits liés notamment à la facilitation présumée du transport de munitions en provenance du Rwanda au profit de l’ennemi.

À l’issue de l’audience, l’affaire a été renvoyée au 22 septembre prochain. Cette audience sera consacrée à la réponse du ministère public avant la mise en délibéré de l’affaire.

Yvette Ditshima

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