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La ville congolaise en décrépitude socio-spatiale : Le pouvoir public doit se ressaisir et agir pour les citadins. Trop c’est trop!

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C’est avec l’effroi que j’apprends la mort de plus de 20 écoliers dans un incendie survenu ce jeudi 10 septembre 2026 dans un quartier populaire de Bukavu au Sud-Kivu. 

Je souhaite adresser mes condoléances les plus attristées aux familles éprouvées par ce drame. Je prie Dieu de leur venir en aide durant ce moment douloureux. Que l’âme de ces innocents reposent en paix et que la terre de nos ancêtres leur soit douce et légère.

Je souhaite également un bon rétablissement aux enfants blessés qui sont dans les structures de santé de Bukavu. Je demande aux autorités de fait du M23/AFC de prendre en charge les frais de soins de santé. Je prie Dieu qu’il éclaire les médecins et le corps médical impliqués dans leur traitement.

Par ailleurs, ce nouveau drame d’incendie survenu à Bukavu après ceux enregistrés à Kinshasa avec des bilans humains lourds révèlent une réalité politique et sociale: l’aménagement des espaces urbains n’est pas respecté par les décideurs politiques et les citadins. L’informalité dans la gouvernance urbaine a montré ses limites depuis de décennies mais les dirigeants congolais regardent ailleurs.

La ville doit être (re)pensée et (re)organisée pour proposer le cadre/espace de de vie apaisé, assaini et agréable aux habitants qui permet à ces derniers d’accéder au droit à la ville.

Depuis 8 ans, l’UDPS, un parti dit « socialiste » de Kinshasa est au pouvoir. En revanche, il n’a pas formulé de politique de la ville à l’occurence du logement social accessible favorisant la pleine jouissance urbaine et offrant un espace de vie social digne et organisé.


Durant le régime de Félix Tshisekedi, les quartiers spontanés et précaires se sont davantage développés dans nos villes (dans la centralité et dans la cité/périphérie). Ce fait a ancré la précarité et la violence dans la réalité urbaine.


Sans véritable politique de la ville issue d’une réforme urbaine courageuse et profonde, les espaces urbains congolais seront les théâtres de chaos urbain (avec d’injustices et d’inégalités) et des anomies sociales (comme l’entend Émile Durkheim) voire des pathologies spatiales.

Il est temps de (re)penser la ville congolaise et de la gouverner autrement selon les enjeux et défis du contemporains sachant que l’avenir du Congo et du monde se jouera en ville.

Bienvenu Matumo
Géographe et politiste

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