PAMOJA TASTE

PAMOJA TASTE

Goutez aux délices d'un bon Cocktail

Commandez

RDC : Kinshasa mise sur les libérations humanitaires pour désengorger les prisons

IMG_3853

Le gouvernement congolais mise sur les libérations humanitaires et l’accélération des procédures judiciaires pour réduire la pression sur les établissements pénitentiaires, a annoncé jeudi le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, lors d’un briefing presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

La direction chargée des questions pénitentiaires a été instruite de recenser les détenus malades afin de procéder à des évaluations médicales. Ces examens permettront de déterminer les personnes pouvant bénéficier d’une libération pour raisons humanitaires, dans le respect des procédures légales.

« Ces mesures visent notamment à réduire la pression sur les infrastructures pénitentiaires, tout en tenant compte de la situation judiciaire et médicale des personnes concernées », a précisé Guillaume Ngefa.

Le ministre a également évoqué l’accélération des procédures de mise en liberté provisoire, en collaboration avec les autorités judiciaires compétentes. L’objectif est de réduire le nombre de prévenus dont les dossiers restent longtemps en cours de traitement.

Selon le patron de la Justice congolaise, la surpopulation carcérale s’explique notamment par l’accès difficile à la justice et la lenteur des procédures judiciaires. Il a également pointé l’inadaptation des infrastructures pénitentiaires.

« La majorité de nos prisons ont été construites avant l’indépendance pour une population de moins de 5 millions d’habitants. Avec la création de nouvelles provinces, certains lieux d’habitation ont été érigés en prisons pour accueillir beaucoup plus de personnes », a expliqué Guillaume Ngefa.

Sur 214 établissements pénitentiaires recensés, 116 bénéficieraient de subventions, 24 n’en recevraient pas et 74 seraient non opérationnels.

Des conditions de détention préoccupantes

Le ministre a déploré les conditions de détention dans plusieurs établissements du pays, marquées par l’insuffisance alimentaire, la promiscuité et la propagation de maladies telles que la tuberculose, le choléra, le mpox et le VIH. Il a également mentionné des cas d’accidents vasculaires cérébraux et la présence de détenus souffrant de troubles mentaux.

Dans la province du Kongo Central, les prisons de Matadi et de Mbanza-Ngungu sont également confrontées à une surpopulation préoccupante.

« Certains établissements conçus pour accueillir 500 personnes hébergent jusqu’à 800 détenus », a rappelé le ministre.

Vers une réforme pénitentiaire

Au-delà des mesures immédiates, Guillaume Ngefa a plaidé pour une réforme de la politique pénitentiaire nationale. Selon lui, la prison ne devrait pas être uniquement un lieu de punition, mais également un espace de rééducation et de préparation à la réinsertion sociale.

Il a évoqué une possible collaboration avec le Service national afin de permettre à certains détenus d’acquérir des compétences professionnelles facilitant leur réintégration après leur libération. Le ministre préconise également un recours accru aux mesures alternatives à l’emprisonnement pour les infractions de faible gravité.

Il a enfin insisté sur l’urgence de mobiliser les moyens nécessaires à la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires, à l’amélioration de la prise en charge des détenus et au renforcement de l’efficacité du système judiciaire congolais.

Milca Nlandu

Share with