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Kinshasa : le fameux « Wenze ya ba Essuies » n’existe plus, laissant des vendeurs sans activité

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Les démolitions de marchés dits « pirates » se poursuivent à Kinshasa. Après le marché UPN et plusieurs autres sites à travers la ville, c’est au tour du marché Lufungula, communément appelé « Wenze ya ba Essuie », de disparaître.

Situé entre les avenues Kilosa et Itaga, dans le quartier Huileries, ce marché a été démoli lors d’une opération menée par le Service national, lundi 28 septembre.

Sur place, le décor a complètement changé. Des restes de tôles et des morceaux de pierres jonchent le sol. Plus aucun magasin ne tient debout. Depuis cette opération, plusieurs vendeurs affirment avoir perdu leurs activités et dénoncent les conditions dans lesquelles la démolition a été menée.

« Chaque jour, nous payons une taxe de 1 000 francs congolais. Les lundi et mercredi, nous payons exceptionnellement 1 500 francs pour le salongo. Mais quand ils nous chassent, c’est pour que nous allions où ? Nous sommes la population. Quand ils sont venus démolir, ils ont dit que le sol et le sous-sol appartiennent à l’État. Mais la population appartient à qui ? », s’interroge Jean-Pierre Imama Eale, vendeur de blouses dans ce marché depuis vingt ans.

Des pertes difficiles à supporter

Souzine N’landu, une femme d’une quarantaine d’années, tenait un dépôt de boissons ainsi qu’un restaurant de fortune, communément appelé « malewa ».

Elle affirme avoir d’abord reçu la consigne de reculer son activité de huit mètres. Après s’être exécutée, elle dit avoir été surprise par la démolition de l’ensemble du marché.

« Les agents du Service national sont d’abord venus nous dire de reculer de huit mètres. Nous avons reculé. Après, ils sont revenus démolir le tout. J’ai perdu les casiers ainsi que toute la nourriture que j’avais préparée ce jour-là », déclare-t-elle.

La commerçante déplore la perte de ses biens et l’absence de solution proposée aux vendeurs après la destruction de leurs espaces de travail.

« Comment allons-nous nourrir nos familles ? »

Prospère Boyekwa, âgé de 55 ans, figure également parmi les vendeurs qui se disent victimes de cette opération. Il affirme avoir hérité de son père, il y a plus de trente ans, la table où il vendait des outils de quincaillerie.

Il conteste surtout la manière dont la démolition a été menée et affirme que les agents lui ont dit que l’ordre venait de la Présidence.

« Pour moi, la Présidence devait négocier avec nous parce que nous sommes son peuple. Personnellement, je ne suis pas d’accord avec cette démolition. Comment allons-nous nourrir nos familles ? », déclare-t-il.

Pour ces vendeurs, la disparition du marché ne signifie pas seulement la destruction des étals et des magasins. Elle prive plusieurs familles de leur principale source de revenus.

La démolition du marché Lufungula s’inscrit dans une série d’opérations menées à Kinshasa contre l’occupation des emprises publiques.

Avant cette intervention, la Task Force chargée de la salubrité et de l’assainissement de la ville de Kinshasa avait déjà démoli plusieurs marchés qualifiés de « pirates » dans différents quartiers de la capitale.

Ces opérations sont présentées comme une mesure de libération des emprises publiques. Mais les vendeurs de Lufungula demandent que leur situation sociale soit prise en compte et qu’une solution de relogement leur soit proposée.

Jevic Ebondo

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