Ituri : l’insécurité et les routes dégradées font grimper les prix agricoles à Komanda

Les prix de plusieurs produits agricoles ont presque doublé depuis environ six mois au marché central de Komanda et dans ses environs, en territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri. Le constat a été fait sur place, notamment pour le manioc, les haricots, le maïs et les bananes.
Une mesurette de manioc, autrefois vendue à 5 000 francs congolais, se négocie actuellement entre 10 000 et 12 000 francs. Le prix d’un régime de bananes est, quant à lui, passé d’environ 20 000 à 50 000 francs, voire davantage.
Interrogé lundi 5 octobre par la presse, John Kihimba, représentant des agriculteurs dans le territoire d’Irumu, attribue cette hausse à l’insécurité et à la dégradation des routes de desserte agricole.
« Nos agriculteurs ont peur d’aller au champ à cause des ADF et des autres groupes armés. Beaucoup de champs sont abandonnés. Presque toutes les routes sont défoncées », explique-t-il.
Selon lui, les difficultés d’évacuation entraînent également des pertes de récoltes. Certains cultivateurs transportent leurs produits sur plus de 15 kilomètres, tandis qu’une partie des récoltes pourrit dans les villages.
Cette situation se répercute sur les ménages. Julienne Kanzira, mère de quatre enfants, dit avoir réduit ses achats en raison de la hausse des prix. « À cause des risques liés à l’accès aux zones champêtres, l’agriculteur est obligé d’augmenter le prix. Et ce sont nous, les consommateurs, qui souffrons », témoigne-t-elle.
Le PDL-145T attendu sur les routes
La réhabilitation des routes de desserte agricole figurait parmi les infrastructures prévues dans le cadre du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), lancé par le gouvernement pour réduire les disparités entre les territoires et améliorer notamment l’accès aux infrastructures de base et aux zones de production.
Dans le territoire d’Irumu, des travaux avaient été engagés sur certains axes avant leur arrêt, selon les représentants des agriculteurs. Ces derniers demandent leur reprise afin de faciliter l’évacuation des récoltes vers Komanda, Bunia et d’autres centres de consommation.
« Dans le PDL-145T, on nous avait promis la réhabilitation de nos routes de desserte agricole. Les travaux ont commencé, puis ont été abandonnés », déplore John Kihimba.
Les agriculteurs demandent également le renforcement de la sécurité dans les zones de production. Dans certaines localités d’Irumu et de Mambasa, ils restent exposés aux attaques et aux prélèvements imposés par des groupes armés, selon des sources locales.
Pour les producteurs, l’amélioration de la sécurité et la réhabilitation des routes restent indispensables à la reprise de l’agriculture et à la stabilisation des prix des produits agricoles à Komanda.
Joël Bakabona, depuis Ituri










