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Kinshasa : « Fatshi, qu’est-ce qu’on devient? », le cri des commerçants après la démolition d’un marché

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« Toko bokola bana ndenge nini? » [Comment allons-nous élever nos enfants]. Samedi 15 août, cette question était sur les lèvres de bon nombre de vendeuses du marché Gomabri, dans la commune de Kalamu, à quelques mètres du pont Cabu.

Quelques heures plus tôt, des éléments du Service national ont investi le site et démoli les étals. Depuis, le site a changé de même visage. Des planches brisées, des tôles et des débris occupent le sol. Les rangées de tomates, poivrons, oignons, muscade et autres épices ont désormais laissé place à des espaces ouverts.

Au milieu de ces décombres, Fanny, la cinquantaine, vendeuse de muscade, ne cache pas son amertume. Pour elle, la démolition aurait dû être précédée d’une solution pour les commerçants. «Nous payons des taxes, il fallait quand même que l’État nous trouve un endroit avant de démolir», lance-t-elle, tout en condamnant l’attitude de l’administrateur du marché qui, à son goût, ne les a pas suffisamment défendus.

Pour certaines vendeuses, pourtant, pas question de plier bagage. Même sans étal, elles veulent continuer à vendre. Le sol fera office de comptoir s’il le faut, surtout en cette période de préparation de la rentrée scolaire qui avance à grands pas.

« Nous sommes à quelques semaines de la rentrée scolaire. Est-ce que l’État a pensé à nous qui sommes parents? Puisque je paie mes taxes, je continuerai à vendre, même au sol. Déjà, l’État nous a abandonnés, mais maintenant il vient nous anéantir », prévient Bibiche, vendeuse de tomates et d’oignons.

Un peu plus loin, Claude, détenteur d’un dépôt d’épices, regarde les lieux et s’interroge sur la suite. Sa cible, le président de la République.

« Fatshi, après la démolition, qu’est-ce qu’on devient? Je suis sur ce marché depuis des années. De l’époque du crash de l’avion sur Type-K, de Mobutu jusqu’à l’époque de Kabila père et Kabila fils, personne n’avait pensé à nous chasser de cet endroit. Nous payons des taxes. Comment allons-nous subvenir aux besoins de nos familles?», s’interroge-t-il.

A Gomabri, les étals détruits mettent en péril plusieurs familles. Si les commerçants disent comprendre l’objectif d’assainissement de la capitale, ils espèrent tout de même une solution palliative. Comme Gomabri, plusieurs «marchés pirates» sont actuellement dans le viseur du Service national, dans le cadre de la taskforce présidentielle d’assainissement de Kinshasa.

Jevic Ebondo

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