Dialogue national inclusif : depuis Libreville, Tshisekedi promet un processus « différent de tous ceux » connus en RDC

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a réaffirmé sa volonté de conduire un dialogue national inclusif, assurant que ce processus ne ressemblera pas aux précédentes concertations politiques organisées dans le pays. Il l’a dit dimanche 16 août à Libreville, au Gabon, lors d’un échange avec la diaspora congolaise.
Devant ses compatriotes établis dans la capitale gabonaise, le chef de l’État a notamment évoqué les processus de paix de Washington et de Doha, ainsi que les prochaines étapes du dialogue national annoncé en RDC. Il a également indiqué qu’il s’adressera prochainement à la Nation pour en préciser les contours.
« Ce dialogue sera différent de tous les dialogues qu’a connus ce pays », a déclaré Félix Tshisekedi.
Le président congolais a par ailleurs réaffirmé sa détermination à poursuivre les efforts diplomatiques en faveur d’une paix durable dans l’Est du pays, tout en insistant sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
Une promesse faite à Kinshasa
À Libreville, Félix Tshisekedi revient ainsi sur une décision annoncée près d’un mois plus tôt à Kinshasa : engager le pays dans un dialogue national inclusif.
Le 17 juillet dernier, le chef de l’État avait reçu les représentants des confessions religieuses, conduits par le cardinal Fridolin Ambongo. À l’issue de cette rencontre, le président de la CENCO avait annoncé que Félix Tshisekedi avait « levé l’option » d’un dialogue entre les fils et les filles du Congo.
« Notre pays, la République démocratique du Congo, a besoin de communion entre les fils et les filles du Congo », avait déclaré le cardinal Fridolin Ambongo, évoquant la nécessité de dépasser les divisions dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est.
Depuis cette annonce, les confessions religieuses ont poursuivi leurs consultations avec différents acteurs politiques et sociaux afin de dégager les contours d’un éventuel processus inclusif.
La Coalition C64, qui s’oppose notamment au projet de révision ou de changement de la Constitution, avait de son côté pris acte de cette initiative et reporté une marche prévue le 22 juillet. Elle avait appelé le pouvoir à concrétiser rapidement le dialogue.
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, avait également précisé que le dialogue devait se tenir « entre Congolais », tout en soulignant que ceux qui y prendraient part devraient être capables de dénoncer l’agression dont la RDC se dit victime dans sa partie Est.
Washington et Doha en toile de fond
À Libreville, Félix Tshisekedi a également évoqué les processus de paix de Washington et de Doha, deux cadres diplomatiques liés à la recherche d’une issue à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Le processus de Washington concerne principalement les engagements entre Kinshasa et Kigali, tandis que les discussions de Doha impliquent notamment le gouvernement congolais et l’AFC/M23.
Pour le chef de l’État, la recherche de la paix à l’extérieur doit donc s’accompagner d’un effort de cohésion à l’intérieur du pays. Le dialogue national annoncé s’inscrit dans cette dynamique.
Les contours encore attendus
La date, le format, les participants et l’ordre du jour de ce dialogue restent encore à préciser. Félix Tshisekedi a annoncé une prochaine adresse à la Nation consacrée à cette question.
Cette intervention devrait notamment permettre de savoir comment le pouvoir entend organiser un dialogue présenté comme différent des précédentes concertations politiques.
L’échange avec la diaspora congolaise s’est tenu dans le cadre du séjour de Félix Tshisekedi à Libreville. Le président congolais a notamment rencontré son homologue gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, avec qui il a abordé les relations bilatérales et les questions d’intérêt commun entre la RDC et le Gabon.
Ditsh










