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Ituri : deux forages pour 3 000 habitants à Ngumata, l’insuffisance d’eau potable pousse la population à boire l’eau souillée

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Près de 3 000 habitants du village de Ngumata, situé à une dizaine de kilomètres au sud du centre commercial de Komanda, dans le territoire d’Irumu en province de l’Ituri, sont privés d’eau potable. Faute de points d’eau aménagés, la population est contrainte de consommer l’eau souillée des rivières et sources non protégées, s’exposant ainsi à de nombreuses maladies hydriques.

Lors d’une ronde effectuée par Authentic360.cd ce lundi, le constat sur le terrain est préoccupant : seuls deux puits de forage, exploités par des opérateurs économiques locaux, alimentent l’ensemble du village.

« Notre village a un sérieux problème lié à l’approvisionnement en eau potable. Un bidon se vend à 500 FC et quand on manque cette somme, souvent nous sommes contraintes de nous ravitailler en eau remplie de feuilles mortes, de têtards et de traces de passage d’animaux », témoigne Abholi, une habitante interrogée sur place.

Diarrhées, typhoïde, choléra : les maladies en hausse

Au centre de santé de la localité, les infirmiers confirment une flambée des cas liés à la consommation d’eau insalubre. Diarrhée aiguë, fièvre typhoïde, infections intestinales et cas suspects de choléra sont enregistrés chaque semaine, particulièrement chez les enfants de moins de 5 ans.

Selon les leaders communautaires, Ngumata ne dispose d’aucun point d’eau potable aménagé par les partenaires humanitaires ou par l’État congolais, ce qui accentue davantage la vulnérabilité de la population locale.

La situation risque de s’aggraver avec la saison pluvieuse en cours. Les eaux de ruissellement charrient des déchets humains et animaux vers les rivières utilisées pour l’approvisionnement, augmentant ainsi les risques de contamination.
Face à cette crise, la population lance un appel pressant aux autorités compétentes et aux organisations humanitaires intervenant dans le secteur WASH (eau, assainissement et hygiène).

Elle réclame la construction de nouveaux forages, ainsi que des campagnes de sensibilisation sur le traitement de l’eau à domicile.
En attendant, femmes, enfants et hommes continuent de puiser dans des sources douteuses, au péril de leur santé.

Joël Bakabona, depuis Ituri

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