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Ituri : l’exploitation d’or des Chinois expose la population à de graves dangers

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À Ngumata, un village situé à environ 12 kilomètres au sud de Komanda, dans le territoire d’Irumu (Ituri), femmes et enfants vivent désormais avec la peur des noyades. Sur place, d’anciens espaces forestiers se sont transformés en un champ de cratères profonds de 3 à 6 mètres, laissés béants et souvent inondés après le passage d’exploitants artisanaux, majoritairement des sujets chinois, venus y extraire de l’or.

Un constat accablant fait par lAuthentic360.cd. Des dizaines de trous abandonnés il y a près de trois mois, sans aucune mesure de réhabilitation. Ces excavations, devenues de véritables pièges, constituent aujourd’hui un danger permanent pour les habitants.

« C’est dans ces trous abandonnés par des sujets chinois après l’exploitation de l’or que nos enfants partent nager à notre absence malgré nos interdictions. On a déjà peur », confie Katungu, mère de trois enfants rencontrée au village Ngumata.

D’autres femmes, faute de mieux, s’y approchent pour faire la lessive ou puiser de l’eau destinée aux travaux ménagers, au risque de glisser et de tomber.

« Pour lessiver et trouver l’eau pour les activités ménagères, souvent nous nous approvisionnons de ces eaux vu que le problème de l’eau est sérieux dans notre village. Nous appelons le gouvernement congolais à nous venir en aide », souligne Charlie, une habitante de la localité.

Ce qui était autrefois une forêt dense est aujourd’hui un paysage lunaire, ponctué de fosses à ciel ouvert. Les exploitants artisanaux, souvent des sujets chinois, creusent, extraient l’or, puis repartent sans reboucher les trous. Aucune mesure de restauration environnementale n’est prise, dénoncent les riverains.

Cette situation n’est pas isolée en Ituri. Depuis plusieurs années, la société civile provinciale alerte sur les dégâts écologiques et humains liés à l’exploitation aurifère menée par des opérateurs chinois dans les territoires de Mambasa, Irumu et Djugu. Des puits abandonnés, des rivières polluées, des terres agricoles rendues impropres à la culture : le bilan est lourd.

Dans le seul territoire de Mambasa, la société civile dénombrait, début 2026, au moins 49 enfants morts entre 2022 et 2023 après être tombés dans des puits d’or abandonnés.

Face à ce péril, les habitants de Ngumata demandent aux autorités provinciales et à la Division des mines de l’Ituri d’imposer le rebouchage systématique des trous après l’exploitation et de sécuriser la zone pour éviter de nouveaux drames.

Ils réclament également que la loi minière soit appliquée : le Code minier congolais impose pourtant aux exploitants la réhabilitation des sites après la fin des activités, notamment pour prévenir les risques environnementaux et humains.

Pour l’heure, à Ngumata, femmes et enfants continuent de cohabiter avec ces trous inondés, transformés en cimetières potentiels au cœur d’une région où l’or enrichit certains, mais laisse derrière lui des vies brisées et un environnement dévasté.

Joël Bakabona, depuis Ituri

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