Dialogue national : Germain Kambinga favorable à la paix, mais « pas à la capitulation »

Le mouvement politique « Le Centre » , dirigé par Germain Kambinga, se dit favorable au dialogue pour ramener la paix dans l’est de la République démocratique du Congo. Mais il rejette toute initiative qui, selon lui, consacrerait l’humiliation de l’État congolais ou récompenserait la conquête armée du pouvoir.
Cette position s’est réaffirmée ce lundi à Kinshasa par le président national de la plateforme, à l’occasion des 10es Universités d’octobre organisées au Centre Nganda.
« Nous voulons le dialogue, mais pas la capitulation », a déclaré Germain Kambinga devant les participants.
Pour Le Centre, la guerre et l’instabilité persistante dans l’est de la RDC ne peuvent être réduites à un conflit local. Le mouvement estime qu’une partie du territoire national occupée ou durablement déstabilisée affecte directement l’ensemble du pays, notamment sa sécurité, son économie, ses institutions et son avenir.
Germain Kambinga appelle ainsi à une réponse nationale face à une crise dont les conséquences dépassent largement les provinces affectées. Cette réponse devrait, selon son mouvement, articuler la restauration de l’autorité de l’État, la protection des populations civiles, l’assistance aux déplacés et la recherche d’une issue politique durable.
Le Centre affirme être favorable au dialogue lorsqu’il peut permettre d’aboutir à un cessez-le-feu, d’organiser le désengagement militaire, de faciliter le retour des populations déplacées et de dégager des solutions politiques capables de mettre fin durablement aux violences.
« Pas une récompense pour les armes »
Kambinga dit vouloir tirer les leçons des trois dernières décennies de conflits armés en RDC. Il estime que l’enchaînement de rébellions, de négociations, d’intégrations et de nouvelles reprises des hostilités a contribué à installer l’idée que la prise des armes peut devenir une voie d’accès aux responsabilités politiques.
Le Centre défend donc un principe : aucun pouvoir politique ne devrait être accordé comme récompense du contrôle militaire d’une partie du territoire national. Pour le mouvement, le dialogue ne peut pas être assimilé à une capitulation ni consacrer un rapport de force créé par les armes. Toute solution politique devrait préserver la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et l’autorité de l’État sur l’ensemble du pays.
Face aux défis sécuritaires, Le Centre propose une refondation de l’armée congolaise à travers une nouvelle doctrine de défense. Parmi les principales propositions figurent une loi de programmation militaire sur dix ans, un financement durable de la défense, le renforcement du renseignement, une meilleure administration des militaires et l’amélioration de la logistique des Forces armées de la RDC.
Le mouvement plaide également pour le renforcement de la lutte contre la corruption au sein de l’appareil militaire, ainsi que pour l’amélioration du statut social des soldats et de leurs familles.
À terme, Le Centre défend une reprise progressive par l’État du monopole de la défense nationale, afin de renforcer ses capacités à protéger le territoire et les populations sans dépendre de mécanismes parallèles ou de forces non étatiques.
Cette position est exprimée alors que Félix Tshisekedi prépare un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Encadré par ordonnance présidentielle, le processus est précédé de consultations avec les forces vives, notamment les confessions religieuses.
Le Centre se dit favorable à cette démarche, à condition qu’elle ne légitime ni l’occupation armée d’une partie du territoire ni l’accès au pouvoir par les armes.
Yvette Ditshima









