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Goma : une marche contre la réforme constitutionnelle sous haute surveillance

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La ville de Goma s’est réveillée sous une forte présence policière ce mardi, avant une marche pacifique organisée par la Société civile plurielle pour protester contre le projet de réforme de la Constitution et dénoncer les massacres perpétrés à Beni ainsi que sur les hauts plateaux de Minembwe.

Dès les premières heures de la matinée, plusieurs artères de la ville étaient sous surveillance des forces de l’ordre. Au rond-point Instigo, les véhicules circulaient au ralenti en direction du centre-ville, tandis que les bus et taxis-bus, habituellement nombreux sur les principaux axes, étaient quasiment absents. Des policiers contrôlaient également les véhicules et interrogeaient les conducteurs sur leur destination.

Cette situation a surpris plusieurs habitants, dont certains ignoraient la tenue de cette manifestation.

« C’est une véritable surprise pour moi. Je ne savais pas qu’il y aurait une marche et que les activités seraient pratiquement paralysées », témoigne Hervé Kighoma, commerçant au quartier Birere.

Annoncée la veille par les autorités urbaines, cette marche est organisée par la Société civile plurielle. Selon les organisateurs, elle vise à exprimer leur opposition au projet de réforme de la Constitution et à attirer l’attention sur les violences persistantes à Beni et sur les hauts plateaux de Minembwe.

Cette initiative suscite toutefois des réactions partagées. Certains habitants remettent en cause la représentativité de la Société civile plurielle, qu’ils accusent d’être proche de l’AFC-M23.

« La société civile d’autrefois était élue par les représentants des structures de base de chaque quartier de Goma. Aujourd’hui, nous ne savons pas au nom de qui s’exprime cette “Société civile plurielle” », affirme un habitant ayant requis l’anonymat.

D’autres estiment, en revanche, que les revendications portées par cette mobilisation concernent l’ensemble de la population.

« Il est important de faire entendre la voix de Goma au monde entier. Notre ville a longtemps été le berceau des mouvements citoyens en RDC, mais le contexte sécuritaire a progressivement réduit cet espace d’expression. Aujourd’hui, il faut dire clairement que nous ne sommes pas favorables au changement de la Constitution. En même temps, des personnes continuent de mourir chaque jour à Beni et sur les hauts plateaux de Minembwe. Voilà la véritable urgence », déclare Junior Mufungizi, habitant de Goma.

Parallèlement à cette marche, un meeting populaire est également annoncé dans le territoire voisin de Nyiragongo autour des mêmes préoccupations.

Lucien Sebuke depuis Goma

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