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Goma : une marche contre le changement de la Constitution se clôture par un mémorandum à la MONUSCO

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Des manifestants ont participé, ce mardi à Goma, à une marche pacifique organisée par la Société civile plurielle pour dénoncer le projet de changement de la Constitution ainsi que les massacres perpétrés à Beni et dans les hauts plateaux de Minembwe. La mobilisation s’est achevée par la remise d’un mémorandum au bureau de la MONUSCO.

Dès 9 heures, les manifestants se sont rassemblés à la tribune de Goma (ancien OZACAF), point de départ de la manifestation. Pour faciliter la participation, des taxis-motos, des taxis, des bus et des camions avaient été mobilisés afin d’acheminer les participants vers ce lieu.

Parmi eux, Gaël Makutano, chauffeur de taxi-moto, avait fixé sur son engin une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Tshisekedi akende, Constitution etikala » (« Que Tshisekedi s’en aille et que la Constitution reste »).

À ses yeux, la Constitution actuelle ne constitue pas un obstacle à la bonne gouvernance.

« Le changement de la Constitution n’est qu’un prétexte pour servir des intérêts égoïstes. Nous savons bien que leurs ventres passent avant les intérêts des citoyens », a-t-il déclaré.

Le cortège s’est ensuite dirigé vers la base de la MONUSCO, où un mémorandum a été remis au chef du bureau de la Mission des Nations unies à Goma. Le document est adressé au Secrétaire général des Nations unies, aux membres permanents du Conseil de sécurité ainsi qu’aux représentants spéciaux de l’ONU en République démocratique du Congo.

À travers ce mémorandum, les organisateurs disent vouloir attirer l’attention de la communauté internationale sur la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, la nécessité d’un dialogue inclusif entre les Congolais pour consolider le processus de paix, ainsi que les préoccupations suscitées par le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution.

Cette initiative ne fait toutefois pas l’unanimité. Certains observateurs y voient une mobilisation à caractère politique.

« Je pense qu’il s’agit d’une opération de communication. Sous couvert d’une initiative citoyenne, les autorités cherchent surtout à faire passer leurs propres revendications, notamment la levée des sanctions visant certaines personnalités de l’AFC-M23 », estime un habitant de Goma ayant requis l’anonymat.

Dans un contexte marqué par les tensions politiques et sécuritaires entre Kinshasa et l’AFC-M23, les organisateurs affirment que cette marche visait à porter la voix des populations de l’Est, à plaider pour un dialogue entre les Congolais et à interpeller la communauté nationale et internationale sur l’urgence de trouver une issue durable à la crise qui secoue cette partie du pays.

Lucien Sebuke, depuis Goma

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