RDC : vers la réinsertion des condamnés au Service national

Le ministère de la Justice et le Service national envisagent de renforcer la réinsertion socioprofessionnelle des personnes condamnées, notamment à travers la formation professionnelle, l’apprentissage et les activités productives.
La question a été au centre d’une séance de travail, ce jeudi 24 septembre, entre le Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, et le Commandant du Service national, le Général Jean-Pierre Kasongo.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la réforme pénitentiaire engagée par le ministère de la Justice, avec pour objectif de renforcer la rééducation des détenus et de préparer leur retour dans la société.
Selon le ministère, certaines catégories de personnes condamnées pourraient, après un examen juridique préalable, participer à des programmes de formation, d’apprentissage et d’activités productives mis en œuvre dans le cadre d’une éventuelle coopération avec le Service national.
« Il ne s’agit ni de transférer au Service national des compétences relevant de l’autorité judiciaire, ni de créer par voie administrative un nouveau régime d’exécution des peines », a précisé Guillaume Ngefa Atondoko Andali. Il s’agit plutôt, selon lui, d’examiner les modalités permettant de renforcer la rééducation et la réinsertion socioprofessionnelle dans le respect du cadre légal existant.
Il a ainsi réaffirmé sa vision d’une « prison-école », dans laquelle l’exécution de la peine pourrait également permettre aux personnes condamnées d’acquérir des compétences professionnelles et de mieux préparer leur réinsertion.
Les discussions ont également porté sur les mécanismes d’aménagement des peines et les alternatives à l’emprisonnement prévus par la législation.
La rencontre a également abordé la possibilité de mettre à contribution les capacités agricoles et d’élevage du Service national pour améliorer l’approvisionnement des établissements pénitentiaires.
Selon les données présentées au cours de la réunion, le Service national a produit environ 40 000 tonnes de maïs au cours de l’année et disposerait d’un cheptel de plus de 10 000 têtes de bétail. Le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik a également évoqué l’acquisition d’une nouvelle ferme dans le Kongo Central.
Une étude technique, financière et juridique devra déterminer les modalités d’un éventuel approvisionnement des prisons par le Service national.
Par ailleurs, la situation des quelque 4 500 bâtisseurs engagés dans les opérations d’assainissement à Kinshasa a également été évoquée, notamment leur statut juridique, leurs conditions d’encadrement et leur protection.
Une réunion technique entre le ministère de la Justice et le Service national est annoncée pour examiner les modalités concrètes de cette coopération et préparer une feuille de route.
JL









