RDC : 51 ans après, le crash de Kenge ravive le souvenir d’un précédent de la justice militaire

Le crash d’un avion ce vendredi 25 septembre à Kenge, dans la province du Kwango, a coûté la vie à plusieurs personnes, dont deux hauts responsables de la justice militaire congolaise. Selon plusieurs sources, le lieutenant-général magistrat Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC, et le lieutenant-général magistrat Joseph Mutombo Katalayi, premier président de la Haute Cour militaire, figuraient parmi les occupants de l’appareil.
L’appareil, un petit porteur en provenance de Kikwit, s’est écrasé dans le quartier Manzawu, dans la commune de Masikita, à Kenge. Les circonstances de l’accident restent à établir. Le bilan communiqué vendredi faisait état de plusieurs victimes, tandis que les informations sur le nombre exact de personnes à bord et l’identité de toutes les victimes continuaient d’évoluer.
La disparition rapportée de ces deux magistrats militaires rappelle un épisode survenu il y a 51 ans, sous le régime de Mobutu.
Le précédent de 1975
En août 1975, le général Masiala Kinkela présidait le tribunal militaire d’exception chargé de juger les personnes accusées dans l’affaire du « complot du 15 juin » contre le président Mobutu.
Le 1er septembre, cette juridiction condamnait à mort sept officiers. Le lendemain, le général Masiala Kinkela disparaissait dans le crash de son hélicoptère à Wombo.
Le parallèle avec le crash de Kenge s’arrête aux circonstances rapportées de ces deux événements.
Des dossiers judiciaires sensibles
Avant le crash de Kenge, Lucien-René Likulia occupait la fonction d’auditeur général des FARDC et représentait le ministère public dans plusieurs affaires devant la Haute Cour militaire.
Il était notamment chargé de l’accusation dans le procès de l’ancien chef d’état-major général Christian Tshiwewe et de plusieurs co-prévenus ainsi que du Lt général Yav Irung Philémon.
Il avait également porté l’accusation dans le procès de l’ancien président Joseph Kabila. Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire avait condamné ce dernier par contumace à la peine de mort pour plusieurs infractions, dont la trahison et la participation à un mouvement insurrectionnel.
Le premier président de cette juridiction, Joseph Mutombo Katalayi Tiende, avait lui-même prononcé cette décision il y a près d’un an.

Plusieurs militaires à bord
Les informations disponibles sur le crash de Kenge font également état de la présence de plusieurs autres militaires à bord de l’avion. Des officiers et des personnels subalternes figureraient parmi les occupants.

À 51 ans d’écart, la disparition rapportée de hauts responsables de la justice militaire dans deux accidents aériens fait ainsi ressurgir un épisode de l’histoire judiciaire congolaise. Les circonstances du crash de Kenge devront encore être établies par les investigations annoncées.
Yvette Ditshima










