RDC : près de 3 000 violations des droits humains documentées au premier semestre 2026

Près de 3 000 violations et atteintes aux droits humains ont été documentées en République démocratique du Congo au cours des six premiers mois de 2026, selon le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH). Dans son communiqué publié mardi 22 septembre, l’organisation fait état de 2 996 violations concernant 6 189 victimes.
Le nombre de violations recensées a diminué de 10 % par rapport au semestre précédent. Mais pour le BCNUDH, cette baisse ne signifie pas nécessairement une amélioration de la situation. Elle peut aussi s’expliquer par les difficultés d’accès à certaines zones et de documentation des incidents.
Les zones de conflit particulièrement touchées
Dans les provinces affectées par les conflits armés, 2 607 violations ont été documentées, faisant 5 032 victimes entre janvier et juin.
Le BCNUDH relève notamment la poursuite des hostilités et de l’expansion territoriale de l’AFC/M23. Malgré le retrait du mouvement d’Uvira et de la plaine de la Ruzizi, des représailles, des déplacements de populations et une intensification des combats ont continué d’être signalés dans les hauts plateaux.
En Ituri et au Nord-Kivu, les ADF restent également une menace importante. Le groupe est attribué à 230 atteintes aux droits humains ayant fait 1 064 victimes, selon le Bureau.
Violences sexuelles et droit international humanitaire
Le BCNUDH a par ailleurs documenté une trentaine de violations du droit international humanitaire. Des infrastructures bénéficiant d’une protection particulière, notamment des écoles et des structures de santé, figurent parmi les sites concernés.
Les violences sexuelles liées aux conflits restent également préoccupantes. 267 cas concernant 401 victimes, principalement des femmes et des enfants, ont été documentés au cours de la période.
Le Bureau souligne que l’accès aux soins, à l’accompagnement psychosocial, à l’assistance juridique et à la justice reste limité pour de nombreuses victimes.
Des atteintes à l’espace civique
Dans les provinces non affectées par les conflits armés, le BCNUDH fait aussi état d’atteintes aux libertés. Des défenseurs des droits humains et des journalistes figurent notamment parmi les personnes concernées.
Le Bureau relève toutefois des avancées sur le plan judiciaire, avec l’ouverture de plusieurs procédures devant les juridictions militaires et le prononcé de différentes condamnations.
Ces actions ont été menées avec l’appui du BCNUDH et de la MONUSCO, notamment dans le cadre de la lutte contre l’impunité des auteurs de violations des droits humains.
Le BCNUDH appelle ainsi à poursuivre les efforts en matière de protection des victimes, d’accès à la justice et de lutte contre l’impunité.
Yvette Ditshima











