RDC : Joseph Kabila dénonce des « records » de violations des droits humains et pointe la détention des officiers généraux

L’ancien président de la République Joseph Kabila a prononcé ce vendredi une nouvelle adresse à la nation, plus d’un an après celle du 23 mai 2025.
Dans un ton particulièrement grave, il a dénoncé ce qu’il présente comme une dérive sécuritaire et judiciaire du pouvoir, il a cité la violation des droits humains, les arrestations arbitraires et le sort réservé à des militaires détenus.
Joseph Kabila a affirmé que la violation des droits humains et des libertés publiques a atteint, selon lui, « des records inédits ». Il a fustigé « l’arrestation et la séquestration arbitraires des Officiers Généraux, Officiers supérieurs, subalternes et militaires », ainsi que celle de « Hauts Cadres de l’opposition politique, activistes des droits humains, journalistes et autres citoyens ».
L’ancien chef de l’État a également évoqué des militaires « privés de toute assistance vitale et des soins », dont plusieurs seraient « déjà morts en prison ». Il a aussi évoqué des « assassinats et massacres, sans action judiciaire sérieuse ni sanction ».
Le discours prend une résonance particulière alors que plusieurs procès de hauts gradés se déroulent devant la Haute Cour militaire à Kinshasa. Le plus récent concerne le général-major Robert Yav Avul Ngola, ancien commandant de la 33e région militaire et de la Task-force Sud-Kivu, ainsi que le général de brigade André Ehonza Uketi, ancien commandant opérationnel a.i. du secteur Sukola II Nord/Sud-Kivu.
Les deux officiers sont poursuivis notamment pour « lâcheté », démoralisation des troupes et exécution d’une mission de combat sans potentiel offensif adéquat, dans le dossier de la chute de Bukavu, tombée aux mains de l’AFC/M23 en février 2025.
La Haute Cour militaire poursuit également le procès dit « Tshiwewe, Numbi et consorts », impliquant l’ancien chef d’état-major général des FARDC, Christian Tshiwewe, et l’ancien inspecteur général des FARDC, John Numbi, ainsi que d’autres officiers et un civil. Ils répondent à des accusations de complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, désertion à l’étranger et détention illégale d’armes.
Yvette Ditshima










