RDC : deux généraux jugés pour des faits liés à la chute de Bukavu

Le procès de deux officiers généraux poursuivis notamment pour lâcheté et démoralisation des troupes s’est ouvert vendredi 25 septembre devant la Haute Cour militaire à Kinshasa.
Le général-major Robert Yav Avul Ngola et le général de brigade Ehonza Uketi André sont poursuivis pour des faits liés à la conduite des opérations militaires lors de la chute de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, en février 2025.
Selon le libellé des préventions lu à l’audience par le lieutenant-colonel René Kiembi, greffier à la Haute Cour militaire, le général-major Yav Avul est notamment poursuivi pour « lâcheté, démoralisation des troupes et mise en exécution d’une mission de combat sans potentiel offensif adéquat ».
Commandant de la 33e région militaire et de la Task-force Sud-Kivu au moment des faits, il lui est reproché d’avoir quitté Bukavu après la chute de Kalehe, Katana et Kavumu aux mains du M23-AFC-RDF, pour rejoindre clandestinement Nyatende.
L’accusation lui reproche également d’avoir remis à son co-prévenu des obus de mortier de 82 mm avec des cartouches de lancement périmées ainsi que des armes PKM présentées comme défectueuses.
Le général de brigade Ehonza Uketi, alors commandant opérationnel a.i. du secteur Sukola II Nord/Sud-Kivu, est poursuivi pour les mêmes faits.
Selon l’accusation, il aurait abandonné les troupes positionnées à Amsar, présentée comme une ligne de défense de Bukavu, pour rejoindre nuitamment le général-major Yav Avul à Nyatende.
Le ministère public lui reproche également d’avoir démoralisé les militaires sous ses ordres en causant, selon l’accusation, panique, désordre et confusion, notamment à la suite d’une surestimation de la puissance des forces ennemies.
L’affaire renvoyée au 9 octobre
Après l’identification des deux prévenus, leurs avocats ont sollicité une remise afin de préparer leur défense.
La défense du général-major Yav Avul a demandé une courte remise, tandis que les avocats du général de brigade Ehonza Uketi ont sollicité deux semaines.
« Étant donné que nous sommes à la première audience, au nom du principe du droit de la défense, une remise se justifie pour s’imprégner du dossier et enfin relever quelques exceptions », a déclaré Me Bokolombe.
La Haute Cour militaire a fait droit à cette demande.
« Nous renvoyons contradictoirement cette cause au 9 octobre prochain », a déclaré le lieutenant-général magistrat Paul Ilunga Dikita, président de la composition.
La ville de Bukavu était tombée aux mains du M23-AFC en février 2025, après la prise de plusieurs positions militaires dans le Sud-Kivu, notamment Kalehe, Katana et Kavumu.
Yvette Ditshima









