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« Makasu » : à Kinshasa, la noix amère prisée pour ses effets aphrodisiaques

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À Kinshasa, la noix de cola, communément appelée « makasu », ne se consomme pas uniquement pour son goût amer ou pour lutter contre la fatigue. Dans les bars, les terrasses et certains marchés, des consommateurs lui attribuent également des effets sur les performances sexuelles. Une réputation qui contribue à maintenir ce produit dans les habitudes de certains Kinois, malgré les mises en garde sur une consommation excessive.

Au marché Zigida, dans la commune de Kinshasa, Blandine, la cinquantaine, vend du « makasu » depuis plus de vingt ans. Pour cette mère de famille, les consommateurs viennent chercher cette noix pour différentes raisons.

« La noix de cola que vous voyez, Dieu l’a créée pour aider les gens à lutter contre plusieurs maladies. Elle combat la fatigue. Si vous êtes en surpoids et que vous voulez maigrir, elle peut aussi aider, selon elle. Elle aide également ceux qui souffrent de problèmes cardiaques et, par moments, les hommes et les femmes dans le domaine de la sexualité », a-t-elle expliqué.

À Matonge, certains consommateurs recherchent particulièrement cet effet supposé. Un jeune homme rencontré dans une terrasse affirme en consommer pour améliorer ses performances sexuelles.

« Ça permet d’être performant au lit. C’est mon produit aphrodisiaque préféré », confie-t-il sous anonymat.

La pratique ne se limite pas à la consommation individuelle. Des vendeurs ambulants proposent également le « makasu » dans les rues et aux abords des terrasses, aux côtés d’autres produits présentés comme aphrodisiaques.

Simon en fait son activité. Il s’approvisionne au marché Gambela et revend ses noix de cola le soir.

« J’achète une quantité pour 10 000 francs congolais, puis je revends une boule à 500 ou 1 000 francs », explique-t-il.

Bière et « makasu », un rituel des nuits kinoises


Dans certaines terrasses de Kinshasa, le « makasu » accompagne également la consommation de bière. Certains habitués lui attribuent la capacité de réduire les effets de l’alcool.

À Matonge, Éric raconte avoir adopté cette pratique après l’avoir découverte auprès d’un proche.

« Moi, ça m’aide à diminuer mon état d’ivresse une fois que j’ai pris une bouteille de trop. J’ai entendu cela auprès d’un aîné, j’ai expérimenté, puis j’ai adopté cette pratique depuis toujours », témoigne-t-il.

Mais derrière ces habitudes se trouve une substance bien connue : la caféine.

La prudence du médecin

Le docteur Ntinu Jérémie rappelle que la noix de cola contient notamment de la caféine, qui stimule le système nerveux central. Cette substance peut temporairement accroître la vigilance, l’énergie et la concentration.

En revanche, une consommation excessive peut entraîner des effets indésirables.

« Une consommation excessive peut entraîner des palpitations, de la nervosité, des troubles du sommeil, des brûlures gastriques et une augmentation de la tension artérielle », prévient-il.

Le médecin déconseille également la consommation de noix de cola chez la femme enceinte, en raison du passage de la caféine à travers le placenta et des risques potentiels pour le développement du fœtus.

Quant à ses supposés effets aphrodisiaques, les témoignages des consommateurs ne constituent pas, à eux seuls, une preuve d’efficacité médicale. À Kinshasa, le « makasu » continue néanmoins d’être consommé et vendu comme stimulant, notamment dans les milieux nocturnes où sa réputation d’aphrodisiaque contribue à son succès.

Jevic Ebondo

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