Kermesses à Kinshasa : chaises rangées, place aux comptes

Clap de fin pour les kermesses. Après près de deux mois d’intenses activités, les kermesses kinoises ont baissé leurs rideaux dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 août, sur décision de l’autorité provinciale.
À défaut de sites récréatifs dignes de ce nom, les Kinois ont passé les vacances dans ces espaces de loisirs installés un peu partout dans la ville. Terrains de foot, cours d’école ou même espaces ouverts, les promoteurs des kermesses n’ont pas fait dans la dentelle pour offrir aux vacanciers des cadres de détente autour des boissons et de la musique. Jeunes, couples, parents, collègues et amis s’y sont retrouvés pour des « moments de qualité », y compris avec des enfants qui ont pu profiter des espaces ludiques installés dans certaines de ces kermesses.
La fermeture des kermesses, 48 heures avant la rentrée scolaire prévue ce mardi 1er septembre, a officiellement mis fin aux vacances. Chaises rangées et installations démontées, les tenanciers font désormais les comptes, en attendant de reprendre leurs activités habituelles. Pour ces tenanciers, les retombées sont diverses. Certains ont pu récupérer leurs investissements, en plus d’avoir engrangé des bénéfices. D’autres, par contre, regrettent des pertes. Mais pour les organisateurs, les gains économiques sont immenses, alors que des stands se négociaient parfois à des milliers de dollars. Dans cette économie circulaire, serveurs, cuisiniers, vendeurs de boissons, restaurateurs et autres prestataires ont également trouvé leur compte.
À travers une série de reportages, Authentic360 revient sur ces deux mois de détente à la kinoise. Pour plusieurs, les kermesses étaient devenues des lieux de retrouvailles. « On venait surtout pour se retrouver, mais aussi soutenir les nôtres qui tiennent des stands », témoigne un jeune habitué.
« Ce n’est pas seulement pour boire. On vient aussi pour voir les amis, discuter, écouter la musique et changer un peu d’air, surtout qu’il y a aussi des concerts », explique un autre habitué.
Revers de la médaille, les kermesses ont véhiculé la réputation de lieux propices à la dépravation, avec des hommes mariés pas toujours accompagnés de leurs épouses, venus notamment faciliter « la pêche aux filles ». Des professionnelles du sexe prenaient également d’assaut ces lieux de loisirs, notamment à la kermesse IPG, à Gombe.
Cependant, la tendance est à relativiser. En journée, certains parents fréquentaient ces lieux en famille, avec leurs enfants, pour manger, discuter ou simplement passer quelques heures ensemble.
Yvette Ditshima











