Joseph Kabila : « Pour Tshisekedi, le dialogue n’est pas une option »

Dans un discours d’une vingtaine de minutes prononcé ce vendredi, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a vivement critiqué le processus de dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi à la fin du mois d’août dernier.
« Ce pouvoir a toujours opposé un refus méprisant à tous les processus tendant à rechercher la paix par le dialogue. Qu’il s’agisse des initiatives de l’Afrique de l’Est (EAC), de l’Afrique australe (SADC), de l’Afrique centrale (CEEAC), de l’Union africaine ou des pays amis, aucune n’a eu grâce à ses yeux. Même l’initiative de dialogue pour la paix et le vivre-ensemble des évêques de la CENCO et de l’ECC, pourtant soutenue par la grande majorité de notre peuple et des forces politiques et sociales du pays, n’a pas échappé à ce sort », a déclaré Joseph Kabila.
Et d’ajouter :
« Il n’y a donc pas lieu de se voiler la face : pour lui, le dialogue n’est pas une option. Face à la crise, il ne cherche pas la solution, mais la soumission sans discussion ni conditions de tous ceux qui ne partagent pas ses idées et ses méthodes. »
Dans son adresse à la nation, fin août, Félix Tshisekedi avait précisé que le dialogue national serait consacré à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État. Le processus devrait commencer par des consultations dans les provinces, avant la tenue des assises nationales.
Quelques jours après cette annonce, le chef de l’État a signé une ordonnance portant nomination des membres du comité d’organisation, marquant ainsi une première étape dans la mise en place de ce processus.
Selon cette ordonnance, le comité est chargé de préparer le terrain pour la Commission préparatoire, notamment à travers la réalisation d’études, l’élaboration des termes de référence et la production d’autres documents nécessaires à la suite du processus. Il sera dirigé par un coordonnateur et un coordonnateur adjoint, avec l’appui d’un secrétariat technique composé de onze experts. Toutefois, les noms de ces derniers n’ont pas encore été rendus publics.
Joseph Kabila n’est pas le seul à contester le format du dialogue proposé par Félix Tshisekedi. La plateforme politique C64, qui regroupe notamment Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi et Matata Ponyo, a également rejeté cette initiative.
Dans un communiqué, cette plateforme a dénoncé ce qu’elle qualifie de « consultations populaires initiées par Félix Tshisekedi en lieu et place du dialogue national inclusif ».
Jevic Ebondo










