Ituri : le prix du cacao chute de 9 à 4 dollars le kilo

Depuis plus de six mois, le prix du cacao connaît une baisse sensible en province de l’Ituri. Dans plusieurs maisons d’achat officiellement agréées, le kilogramme est passé de 9 à 4 dollars américains.
Selon un agronome de l’entreprise ESCO KIVU, active dans l’achat du cacao, cette baisse s’explique notamment par l’augmentation de la production dans les principaux pays producteurs africains, dont la Côte d’Ivoire et le Ghana, ainsi que par la faible qualité de certains produits locaux.
« La baisse est liée à la grande production dans les premiers pays producteurs comme la Côte d’Ivoire et le Ghana. Mais, chez nous, nous avons aussi un sérieux problème de qualité », explique-t-il avant d’ajouter : « Un bon produit se fermente au moins pendant une semaine. Or, certains agriculteurs coupent le cacao et le mettent directement sur des bâches, sous le soleil. »
L’agronome appelle ainsi les producteurs de l’Ituri à améliorer le traitement du cacao, particulièrement la fermentation, afin d’obtenir un produit de meilleure qualité et plus compétitif sur le marché.
À cette baisse de prix s’ajoutent les vols de cacao signalés à l’approche de la grande saison de récolte, prévue d’octobre à décembre. À Komanda, dans le territoire d’Irumu, des agriculteurs affirment que des inconnus s’introduisent la nuit dans les plantations, ou profitent de l’absence des propriétaires, pour cueillir les cabosses.
« Nous travaillons toute l’année et, à quelques semaines de la récolte, des gens viennent voler notre cacao. Ils prennent même les cabosses non mûres pour les revendre à vil prix », dénonce Jean Muhindo, agriculteur à Komanda.
Les producteurs estiment que ces vols récurrents leur causent d’importantes pertes. Ils accusent des jeunes désœuvrés et certains acheteurs de favoriser ce trafic, et demandent l’implication des autorités locales ainsi que des services de sécurité pour protéger les plantations et sanctionner les receleurs.
« Les autorités chargées de la sécurisation des habitants et de leurs biens doivent faire leur travail, surtout dans les zones champêtres. Nous n’arrivons pas à bénéficier des fruits de nos efforts », insiste Dieumerci Lonema, un autre agriculteur.
Les agriculteurs appellent enfin les coopératives à renforcer la surveillance communautaire et à sensibiliser les producteurs sur les conséquences de la cueillette précoce, qui affecte la qualité du cacao et réduit les revenus des ménages.
Joël Bakabona








