Dialogue national en RDC : les orientations de Tshisekedi présentées au président de la CENCO

Le directeur de cabinet du président de la République, Anthony Nkinzo, accompagné de l’ancien conseiller spécial Fortunat Biselele, a rencontré samedi à Lubumbashi Mgr Fulgence Muteba Mugalu, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Au centre de l’entretien : le projet de « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », annoncé par Félix Tshisekedi.
La rencontre s’est tenue à l’archevêché de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, en présence du Révérend Éric Senga, représentant de l’Église du Christ au Congo (ECC), et de l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO.
Elle constitue l’une des premières rencontres officielles entre la délégation présidentielle et le président de la CENCO autour du processus de dialogue national. Elle s’inscrit dans la série de consultations engagées par la Présidence avec les responsables des confessions religieuses et d’autres composantes de la société congolaise.
Anthony Nkinzo a présenté à Mgr Fulgence Muteba les orientations du chef de l’État concernant le Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. La démarche visait également à recueillir les préoccupations et les recommandations de l’Église catholique sur les conditions de réussite de cette initiative.
Selon les informations rapportées à l’issue de la rencontre, la délégation présidentielle a insisté sur la nécessité d’une contribution des confessions religieuses à la pacification du pays et au rétablissement de la confiance entre les différentes forces sociales et politiques.
Dans une communication publiée sur son compte X, la CENCO a confirmé que le projet du Dialogue national était au centre des échanges de Lubumbashi.
« Mgr Fulgence Muteba, président de la CENCO, s’est entretenu samedi 3 octobre avec une délégation de la Présidence de la République, conduite par le directeur de cabinet du chef de l’État. Accompagné du Rév. Éric Senga, de l’ECC, et de Mgr Donatien Nshole, SG de la CENCO, il a échangé sur le projet de “Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État” », a indiqué la Conférence épiscopale.
L’Église catholique a réaffirmé son ouverture à la démarche, tout en rappelant deux conditions qu’elle considère essentielles : l’inclusivité et la crédibilité du processus. Pour la CENCO, le dialogue ne pourra produire des effets durables que s’il associe les principales forces politiques, religieuses et sociales, et s’il repose sur des garanties claires concernant son organisation, sa conduite et l’application de ses conclusions.
Les préparatifs du Dialogue national se poursuivent également sur le plan institutionnel. Par ordonnance présidentielle, Félix Tshisekedi a prévu la mise en place progressive des structures chargées de baliser le processus, notamment un comité d’organisation et une commission préparatoire.
Ces organes doivent définir l’architecture des assises, poursuivre les consultations avec les différentes composantes de la nation et proposer les modalités pratiques de la tenue du dialogue. L’objectif affiché est de doter le processus d’un cadre organisationnel capable d’aboutir à des échanges structurés sur la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État.
La rencontre de Lubumbashi s’inscrit dans cette phase préparatoire. Elle intervient alors que la Présidence cherche à obtenir l’adhésion des confessions religieuses, dont le rôle reste déterminant dans les grands processus politiques et sociaux en RDC.
Annoncé par Félix Tshisekedi à la fin du mois d’août, le Dialogue national doit, selon la Présidence, partir des communautés, des territoires et des provinces avant de conduire à des assises nationales. Il est présenté comme un cadre destiné à examiner les causes profondes des crises qui fragilisent le pays et à dégager des pistes de paix durable.
Yvette Ditshima









