RDC : les Nations unies veulent améliorer le financement direct des organisations humanitaires locales

Damien Mama, lors de la cérémonie d’ouverture du symposium
Le coordonnateur humanitaire et coordonnateur résident des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC), Damien Mama, a annoncé, à l’occasion de l’ouverture du 3e symposium national sur la localisation de l’action humanitaire, organisé par le CONAFOHD RDC, la volonté du système humanitaire d’améliorer le financement direct des organisations locales.
« Notre objectif est d’augmenter la part des financements directs destinés aux organisations locales dans l’ensemble des mécanismes de financement humanitaire », a déclaré Damien Mama.
Selon lui, la feuille de route nationale de localisation à l’horizon 2030 repose sur quatre dimensions devant progresser ensemble : des partenariats plus équitables, le partage des compétences et le renforcement des capacités, l’amélioration du financement direct ainsi que la participation des organisations locales aux mécanismes de coordination et de prise de décision.
Plusieurs représentants d’ONG nationales venues de différentes provinces, notamment du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Haut-Uele et du Bas-Uele, participent aux travaux.

La rencontre réunit également des représentants d’autres pays, d’ONG internationales, des agences des Nations unies, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations communautaires.
Damien Mama a souligné que les organisations non gouvernementales (ONG) locales ont des choses à apprendre auprès des organisations internationales, tout comme ces dernières peuvent également apprendre des ONG locales.
« Il s’agit donc d’une logique de partenariat et de co-construction », a-t-il expliqué.
Il a toutefois reconnu que, si les financements augmentent en termes absolus, leur part dans l’enveloppe globale disponible reste encore en dessous du niveau souhaité.
Le coordonnateur humanitaire a insisté sur la nécessité d’associer les organisations locales aux instances de décision, au-delà de la simple attribution de financements.
« Il ne suffit pas de dire que nous donnons de l’argent aux organisations humanitaires : il faut également qu’elles fassent partie intégrante du processus décisionnel », a-t-il affirmé.
Il a appelé à dépasser les engagements pris lors des ateliers ou consignés dans les documents, pour les traduire en véritables partenariats et en une implication effective des organisations locales dans les mécanismes de prise de décision.
Damien Mama a également appelé les organisations locales à renforcer leur gouvernance, leur transparence et leur redevabilité afin de répondre aux exigences des mécanismes de financement humanitaire.
« Si le Fonds humanitaire doit décaisser dix millions à une organisation des Nations Unies, certaines exigences sont imposées, notamment en matière de redevabilité. Les mêmes exigences doivent également s’appliquer aux organisations locales », a-t-il précisé.
Il a invité les organisations à formaliser par écrit la délégation des responsabilités entre le président, le directeur exécutif et les autres organes de gouvernance, afin d’éviter les conflits d’intérêts et la concentration excessive du pouvoir.
Le coordonnateur humanitaire a plaidé pour une relation fondée sur le dialogue entre les Nations unies, les bailleurs de fonds et les organisations locales.
« Si nous nous engageons tous à travailler ensemble pour améliorer notre redevabilité, cela contribuera également à renforcer notre responsabilité collective », a-t-il déclaré.
Damien Mama a assuré que les décisions prises à la suite des contrôles ne sont pas nécessairement définitives et peuvent être révisées lorsqu’elles ne sont pas conformes.
Il a enfin réaffirmé l’engagement des Nations unies à mettre à la disposition des organisations locales les informations essentielles pour renforcer leur efficacité et mieux jouer leur rôle au sein du système humanitaire.
Yvette Ditshima









