RDC : la France appuie la justice en faveur des victimes de violences sexuelles

La République démocratique du Congo et la France ont signé, vendredi à Kinshasa, une déclaration d’intention destinée à renforcer l’accès à la justice et à la réparation pour les victimes de violences sexuelles liées aux conflits.
Intitulé « Soutien à l’État de droit en faveur des victimes de violences sexuelles dans les zones de conflit », le projet est financé à hauteur de plus de 1,3 million d’euros pour la période 2026-2028. Il associe le ministère congolais de la Justice, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères ainsi que le Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, FONAREV.
Le programme vise à lever les barrières financières qui empêchent de nombreuses survivantes, particulièrement dans les zones affectées par les conflits, d’engager des procédures judiciaires.
Il prévoit notamment la prise en charge des frais de procédure et des honoraires d’avocats, l’installation de cliniques juridiques mobiles et l’organisation d’audiences foraines pour rapprocher la justice des communautés concernées.
« La justice ne doit pas être un privilège réservé à ceux qui en ont les moyens. Elle est un droit qui doit être effectivement garanti à toutes et à tous », a déclaré le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa.
Le projet prévoit également la formation des magistrats, des officiers de police judiciaire et des avocats afin d’améliorer la documentation des crimes, la conduite des enquêtes et le traitement judiciaire des affaires de violences sexuelles.
Pour le ministre congolais de la Justice, l’enjeu est d’assurer l’effectivité du droit à réparation pour les victimes.
« Si le droit à la réparation est aujourd’hui reconnu, notre défi demeure celui d’en garantir l’effectivité, à travers des décisions judiciaires exécutoires et des mécanismes de réparation accessibles aux populations concernées », a-t-il souligné.
De son côté, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a présenté la déclaration comme un engagement commun en faveur de l’État de droit, dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans l’est de la RDC.
« Il n’y a pas de paix sans justice », a-t-il déclaré, appelant au renforcement de la lutte contre l’impunité et de la protection des victimes.
La mise en œuvre du projet reposera sur la collaboration entre le ministère de la Justice, le FONAREV, les partenaires techniques et les organisations congolaises de la société civile. Des actions de sensibilisation communautaire sont également prévues pour combattre le silence et la banalisation des violences sexuelles liées aux conflits.
« En signant cette déclaration d’intention, nous prenons un engagement solennel envers les victimes : transformer les promesses en résultats, le droit en réalité et l’espoir en réparation effective », a conclu Guillaume Ngefa.
Yvette Ditshima







