Incidents entre Kinshasa et Brazzaville : Tshisekedi exprime ses regrets et promet d’indemniser les victimes

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a présenté ses « profonds regrets » à la population de la République du Congo à la suite des récents incidents armés survenus dans la zone frontalière de Makotimpoko. En visite à Brazzaville samedi, il a également promis une indemnisation des victimes après les conclusions des travaux menés par les délégations des deux pays.
Reçu par son homologue Denis Sassou Nguesso, Félix Tshisekedi a affirmé que son déplacement à Brazzaville répondait avant tout à un impératif d’apaisement.
Pour le président de la RDC, les incidents entre les forces des deux pays ne doivent pas remettre en cause la proximité historique, culturelle et humaine entre Kinshasa et Brazzaville. Il a estimé qu’il était « totalement erroné et insensé » que les deux peuples en arrivent à de tels affrontements.
« Le peuple du Congo-Brazzaville et celui du Congo-Kinshasa sont un même peuple », a-t-il insisté, appelant les deux gouvernements à prévenir durablement toute nouvelle escalade.
Félix Tshisekedi était accompagné des vice-Premiers ministres congolais de l’Intérieur et de la Défense. Leur présence devait permettre l’ouverture de discussions techniques avec leurs homologues brazzavillois autour d’un dispositif de prévention et de gestion des incidents frontaliers.
« J’ai amené dans ma suite les vice-Premiers ministres de l’Intérieur et de la Défense pour justement qu’ils voient ensemble avec leurs homologues comment nous pourrions à l’avenir éviter cela, mais alors définitivement mettre fin à ce genre de dérapage », a expliqué le président congolais.
Le chef de l’État a rappelé que les deux pays partagent plus de 2 400 kilomètres de frontières terrestres et fluviales. Une réalité qui, selon lui, impose une coordination permanente entre les services de défense, de sécurité et d’immigration des deux États.
Il a aussi évoqué l’annonce de l’ouverture prochaine des frontières de la République du Congo aux ressortissants africains, estimant que cette dynamique doit encourager davantage la coopération entre les deux rives du fleuve Congo, plutôt que des tensions.
Au-delà des regrets officiels, Félix Tshisekedi a pris l’engagement de rencontrer les victimes afin de définir les modalités de leur indemnisation par la RDC.
Cette démarche doit toutefois intervenir après les travaux des délégations mixtes chargées d’établir les circonstances des incidents et de soumettre un rapport aux autorités des deux pays.
« Le moment venu, après que les deux délégations aient travaillé et rendu un rapport, nous tiendrons vraiment à rencontrer les victimes pour voir comment la République démocratique du Congo va les indemniser, parce que c’est de notre devoir de le faire », a-t-il déclaré.
Les incidents remontent à la fin du mois d’août dans la zone frontalière de Makotimpoko, sur le fleuve Congo, en face du territoire de Yumbi, dans la province du Maï-Ndombe. Des accrochages avaient opposé des éléments des forces de sécurité de la RDC et de la République du Congo, dans un contexte encore marqué par des versions divergentes sur le déroulement exact des faits.
L’affaire avait provoqué l’interpellation de militaires brazzavillois, des signalements de disparitions ainsi que des pertes humaines. Ces événements avaient suscité une vive émotion de part et d’autre du fleuve et ravivé les inquiétudes liées à la sécurisation de cette frontière particulièrement sensible.
Yvette Ditshima









