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Santé mentale : « Aucun de nous n’est épargné », selon un psychothérapeute

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À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée ce 10 octobre, le psychothérapeute Anthony Benanga invite à regarder autrement la souffrance psychique. Son message est clair : la santé mentale ne concerne pas seulement les personnes atteintes de maladies mentales. Elle concerne chacun, à tout moment de la vie.

« La santé mentale nous concerne tous. Aucun de nous n’est épargné, peu importe la classe sociale », affirme-t-il au micro de Authentic360.cd.

Bien plus que l’absence de maladie
Pour Anthony Benanga, la santé mentale est un état de bien-être qui permet à une personne de faire face aux difficultés de la vie, de mobiliser ses capacités, d’apprendre, de travailler et de contribuer à sa communauté.

« Elle ne se réduit pas seulement à une maladie mentale », précise-t-il. Elle touche aussi à l’équilibre émotionnel, psychologique, social et économique de l’individu.

Autrement dit, une personne peut ne pas être atteinte d’une maladie mentale, mais traverser une période difficile qui fragilise son bien-être. À l’inverse, elle peut vivre une épreuve tragique sans nécessairement développer un trouble mental.

Le psychothérapeute appelle à être attentif aux changements persistants dans les émotions et le comportement. Parmi les signaux qu’il cite : une tristesse prolongée, des troubles du sommeil, une perte d’intérêt, des difficultés de concentration ou une baisse du fonctionnement quotidien.

« Il faut d’abord constater l’intensité de ces signes, leur apparition dans la vie de la personne et aussi ses comportements », explique-t-il.

Il ne s’agit pas de poser un diagnostic soi-même, mais de reconnaître qu’un mal-être qui s’installe mérite attention, écoute et accompagnement.

Selon Anthony Benanga, plusieurs facteurs peuvent fragiliser la santé mentale. Il distingue les facteurs individuels les expériences vécues, les éléments biologiques et la capacité d’adaptation des facteurs familiaux et sociaux, comme les conflits, les violences, l’isolement, le deuil ou le manque d’affection.
Il évoque également les facteurs économiques et environnementaux : l’insécurité, la précarité et les conditions de vie difficiles peuvent, selon lui, contribuer à l’apparition de troubles mentaux.

« Une personne peut vivre ces trois facteurs en même temps face à une situation », souligne-t-il.

Le stress et l’anxiété ne sont pas forcément des signes de maladie. Anthony Benanga prend l’exemple d’une personne qui doit prendre la parole devant un public alors qu’elle n’y est pas habituée : le stress est une réaction compréhensible.

« Le stress est une réaction face à une pression, tandis que l’anxiété est une réaction normale face à une menace ou une incertitude », explique-t-il.

À l’occasion de cette Journée mondiale de la santé mentale, placée cette année sous le thème « À l’écoute de l’expérience vécue : des voix authentiques pour un réel changement », Anthony Benanga rappelle que la santé mentale concerne l’ensemble de la société.

En République démocratique du Congo, la problématique reste importante. En 2022, le ministère de la Santé publique indiquait que près de 22 millions de Congolais souffraient de problèmes de santé mentale, allant du stress, de l’anxiété et de l’insomnie à la dépression, aux psychoses ou à la schizophrénie.

À Kinshasa, une étude menée pendant la pandémie de Covid-19 dans 17 communes de la ville révélait que 71,1% des personnes interrogées présentaient des signes d’anxiété, dont 23,7% un état anxieux certain, tandis que 61,8% présentaient des signes dépressifs, dont 25% un état dépressif certain.

Blessing Bopore

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