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RDC : le gouvernement veut tripler l’accès à l’électricité dans 5 à 10 ans

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Le gouvernement congolais ambitionne de tripler le taux d’accès à l’électricité en République démocratique du Congo au cours des cinq à dix prochaines années. Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Molendo Sakombi, l’a annoncé lors de l’exercice de redevabilité du gouvernement Suminwa II, en présentant les principaux projets destinés à renforcer la production et l’accès à l’électricité et à l’eau potable.

La RDC dispose d’un potentiel hydroélectrique estimé à 167 000 MW, mais seule une personne sur cinq bénéficie actuellement de l’électricité, selon les données présentées par le ministre. Le pays compte encore 78 000 villages à électrifier, tandis que le secteur minier accuse un déficit énergétique estimé à 2 000 MW.

Kakobola et ANSER parmi les projets en cours

Le ministre a notamment évoqué la centrale hydroélectrique de Kakobola, d’une capacité de 10,5 MW, destinée notamment à alimenter Kikwit, Idiofa et Boma. Le projet devrait à terme bénéficier à 20 000 à 30 000 ménages, soit près de 200 000 personnes.

L’Agence nationale des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER) dispose, de son côté, d’un portefeuille de 65 projets. Sept centrales sont actuellement opérationnelles, notamment à Randanga, Basankusu et Bolombo, avec un impact annoncé sur environ 100 000 ménages, soit près de 700 000 personnes.

Pour accélérer l’électrification, le gouvernement mise notamment sur les partenariats avec le secteur privé et sur un mix énergétique associant hydroélectricité, solaire et autres sources renouvelables.

Inga 3, Katende et Zongo

Parmi les projets structurants, Inga 3, avec une capacité annoncée de 11 000 MW, reste une priorité. Le gouvernement cherche notamment à renforcer sa bancabilité afin de faciliter la conclusion des contrats d’achat d’électricité avec les pays de la SADC.

À Katende, la première turbine devrait entrer en service en décembre 2027. La réhabilitation de la centrale de Zongo doit, elle, permettre d’ajouter 75 MW au réseau national.

À Kinshasa, les travaux concernent notamment la réhabilitation du réseau de distribution, la suppression des points noirs et la modernisation des cabines basse tension. Un projet solaire de 100 MW est également prévu à Maluku à partir de l’année prochaine.

L’eau potable progresse également

Dans le secteur de l’eau, les modules 2 et 3 de production d’eau potable mis en service à Kinshasa produisent 330 000 m³ par jour et desservent environ 6 millions d’habitants dans dix communes.

Le taux de couverture en eau potable est passé de 8 % en 2019 à 22 % actuellement, selon les données citées par Molendo Sakombi.

À Kamina, une nouvelle centrale d’eau potable doit bénéficier à environ 230 000 personnes.

Le Kwango et l’Angola ciblés

Le gouvernement prévoit également de renforcer l’offre énergétique dans le Kwango. La ligne Bukangalonzo-Kenge, évaluée entre 22 et 24 millions de dollars, figure parmi les priorités. Les études de faisabilité de Kakobola 2, d’une capacité de 15 MW, sont finalisées. Avec Kakobola, les deux centrales doivent porter la capacité énergétique de la province à 25 MW.

La RDC prévoit par ailleurs une interconnexion électrique avec l’Angola à travers une ligne de 1 450 kilomètres entre Malange et Afungirome. Le projet doit permettre à la RDC d’importer une partie du surplus énergétique angolais, estimé à 2 000 MW.

Un autre projet, Pioka-Tombe, prévoit une capacité de 6 450 MW. Les études réalisées en 1978 sont en cours d’actualisation avant la recherche du financement.

500 jeunes formés aux métiers de l’eau et de l’électricité

Sur le volet emploi, une première cohorte de 500 jeunes a été formée à l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) dans les métiers de l’eau et de l’électricité.

Le gouvernement souhaite faciliter leur recrutement au sein de la SNEL, d’ANSER, de la Régie des eaux et des différents projets énergétiques.

Molendo Sakombi a également annoncé la mise en place d’unités locales d’assemblage de panneaux solaires et la construction de trois à cinq centrales photovoltaïques en partenariat avec le ministère de l’Industrie.

À terme, le gouvernement estime qu’il faudra 10 à 15 ans pour électrifier une grande partie du territoire national. La réduction des délestages devra notamment passer par l’assainissement du réseau de la SNEL, l’augmentation de la production et l’arrivée de nouvelles infrastructures.

MNM

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