Kinshasa : pont Ngunza inondé, les travaux tardent, les habitants paient le prix

Barricadé par des tôles bleues, le pont Ngunza, situé sur la route Pierre-Elengesa, est encore en plein chantier, alors qu’il ne reste qu’un mois avant l’expiration du délai de quatre mois accordé pour sa réhabilitation et sa modernisation.
Sur place selon le constat de Authentic360, une partie de l’ouvrage en cours de bétonnage est inondée par les eaux de pluie, mêlées à des bouteilles en plastique et à d’autres déchets. Une motopompe est utilisée pour évacuer l’eau et permettre la poursuite des travaux.

Trois mois après la fermeture de ce pont, intervenue le 20 juillet dernier, l’avancement du chantier suscite des interrogations chez les passants.
Au milieu de l’espace en construction, l’eau de pluie stagne, accompagnée de déchets plastiques et d’immondices, donnant au chantier un aspect insalubre.

Interrogé sur cette situation, le chef de chantier, Zeng, a expliqué que les pluies tombées jeudi et dimanche derniers ont provoqué le débordement de la rivière. L’eau a ainsi dévié de son cours pour envahir la partie creusée et bétonnée deux semaines auparavant, au troisième stade des travaux, qui en comptent six selon ses explications.
Le responsable déplore également le comportement de certains riverains qui continuent de jeter leurs déchets dans la rivière, malgré les travaux en cours.
« Les riverains d’à côté jettent leurs poubelles ici. Lorsqu’il pleut, l’eau ramène tous ces déchets à cet endroit, ce qui freine maintenant les travaux. Si nous surveillons les lieux pendant la journée, eux viennent le soir pour y déposer leurs immondices. C’est vraiment très grave, il faut une grande sensibilisation », a-t-il déploré.
Pour permettre la reprise du bétonnage, les ouvriers ont entrepris d’évacuer l’eau accumulée à l’aide d’une motopompe vers une autre partie de la rivière. D’autres travailleurs aménagent également un passage destiné à faciliter l’écoulement de l’eau.
Alors que le délai de quatre mois accordé pour la réhabilitation et la modernisation du pont approche de son terme, le chef de chantier ne se montre pas en mesure de confirmer une date d’achèvement. Il évoque notamment les pluies, qui perturbent l’avancement des travaux, ainsi que des difficultés de financement.
« Le gouvernement a donné quatre mois, mais il sera difficile de terminer dans le mois restant, parce que nous sommes encore au début et que les pluies perturbent déjà l’avancement. Pour moi, je ne sais pas quand nous allons finir, mais pas dans les quatre mois, parce que les pluies constituent actuellement notre principale difficulté », a-t-il expliqué.
Selon Zeng, les difficultés financières ont également retardé le démarrage du chantier. D’après lui, les équipes ont passé un mois sans pouvoir commencer les travaux, faute de financement.
Le responsable annonce par ailleurs la démolition prochaine de certaines parcelles et maisons commerciales situées le long de la rivière, afin de permettre son élargissement et de faciliter l’écoulement des eaux. Il évoque une emprise de 30 mètres du côté droit et de 20 mètres du côté gauche.
En attendant la fin des travaux, un pont provisoire en bois a été installé derrière la clôture pour permettre aux habitants de traverser la rivière. Mais le passage reste étroit et difficile, obligeant les piétons à avancer à la file indienne. À proximité, des vendeuses exposent leurs marchandises sur des tables installées au bord du passage.

Cette situation complique les déplacements quotidiens des habitants, notamment pendant les heures de pointe et en période de pluie. Certains usagers demandent aux responsables du chantier d’accélérer les travaux afin de leur permettre de circuler dans de meilleures conditions.

« Depuis qu’ils ont barricadé la route, parfois ils travaillent, parfois non, alors que nous souffrons pour passer ici matin et soir. Il n’y a que ce passage pour traverser. Nous leur demandons de terminer les travaux du pont, sinon nous continuerons à éprouver des difficultés, surtout lorsqu’il pleut », a déclaré Simon Mgonga, un habitant du quartier.
Par ailleurs, sur la route Pierre-Elengesa, entre l’avenue Yasa et la zone barricadée, la chaussée est également dégradée, perturbant la circulation des véhicules et des motos.
Milca Nlandu











