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Kinshasa : l’insalubrité des toilettes publiques de Molaert inquiète les usagers

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Construites en 2021 pour améliorer l’accès aux services d’assainissement, les toilettes publiques de Molaert, situées à proximité de l’arrêt Foulu dans la commune de Bandalungwa, à Kinshasa, sont aujourd’hui pointées du doigt par leurs usagers. Malgré leur forte fréquentation, leur état d’entretien suscite des inquiétudes quant aux conditions d’hygiène.

Lors d’une descente effectuée sur place, l’équipe d’Authentic360 a constaté des cuvettes entartrées, une forte odeur d’urine, la présence d’insectes, un sol humide ainsi que l’absence de lave-mains, de désinfectants et de chasse d’eau. Un environnement que plusieurs usagers jugent peu propice à une bonne hygiène.

Le site compte quatre cabines, réparties entre les hommes et les femmes. Selon les observations d’Authentic360, le manque de matériel d’entretien et de produits de nettoyage favorise l’insalubrité et augmente les risques de propagation de maladies liées au manque d’hygiène, notamment la diarrhée, la fièvre typhoïde et le choléra.

Gérante des lieux, Maman Anne reconnaît les difficultés rencontrées dans l’entretien quotidien des installations.

« Il y a beaucoup de personnes qui utilisent ces toilettes. Parfois, elles laissent des saletés avant de partir. Dès la semaine prochaine, je vais acheter des raclettes, des lave-mains et des tapis pour éviter que les gens n’entrent avec de la boue », explique-t-elle.

Elle précise que les tarifs sont fixés à 500 FC pour le petit besoin, 1 000 FC pour le grand besoin et 2 000 FC pour une douche.Selon elle, les moyens financiers restent insuffisants pour assurer un entretien régulier.

« Il y a des matériels d’hygiène qu’on doit ajouter. Nous attendons que notre chef nous donne une grande somme d’argent. Chaque jour, les usagers viennent. Nous devons acheter du savon. Nous avons recruté quelques jeunes hommes que nous payons 25 000 FC par jour pour nettoyer un peu les toilettes. Malgré cela, nous manquons de lave-mains », affirme-t-elle.

Du côté des usagers, le mécontentement est manifeste. Garagiste de profession, un habitué des lieux estime que la situation n’a pas évolué depuis plusieurs années.

« Ces toilettes, depuis qu’on les connaît, c’est toujours le même problème. Les gens viennent, on perçoit de l’argent, mais l’entretien laisse à désirer. Moi, je viens souvent me laver ici après le travail, mais il y a toujours des odeurs. Il faudrait même utiliser de l’eau de Javel. Quelqu’un peut tomber malade en entrant ici », déplore-t-il.

À Molaert, ces toilettes publiques demeurent un service indispensable pour les habitants et les travailleurs de passage. Toutefois, leur état d’insalubrité met en évidence les défis liés à l’entretien des infrastructures publiques d’hygiène à Kinshasa. Pour les usagers, un meilleur entretien et un équipement adéquat sont devenus indispensables pour garantir un service répondant aux exigences minimales de salubrité.

Deolin Tshumbula, stagiaire UNISIC

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