Kinshasa : des commerces démolis autour du rond-point UPN

Des bulldozers ont fait leur entrée samedi matin autour du rond-point de l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa, dans la commune de Ngaliema. Plusieurs commerces installés le long de la route de Matadi et sur les emprises publiques ont été démolis, sous le regard des vendeurs venus constater la disparition de leurs installations.
Maisons de commerce, pharmacies, kiosques et étals de vente ont été ciblés par cette opération menée pour libérer les emprises de la voie publique. Sur place, les engins ont progressivement dégagé les espaces occupés par les activités commerciales.

L’opération intervient après plusieurs interpellations des agents de salubrité qui avaient demandé aux commerçants de quitter les abords de la chaussée. Selon ces agents, l’occupation de ces espaces favorisait l’insalubrité, compliquait la circulation et exposait les vendeurs comme les usagers de la route aux risques d’accident.
« Cet espace devenait de plus en plus sale, avec des commerçants partout. Cela créait des embouteillages et rendait difficile la circulation des usagers. Malgré les interpellations, ils continuaient à vendre. C’est pourquoi nous avons procédé à cette opération », explique Théo Somo, administrateur adjoint chargé de la salubrité et de l’environnement du marché UPN.
Pour les autorités locales, la démolition constitue également une étape vers la récupération de cet espace, destiné à accueillir un marché moderne.
« Nous avons demandé aux marchands de libérer cet espace parce que nous allons le démolir pour construire un nouveau marché moderne. Ils ne nous croyaient pas et continuaient à vendre. Ils ne sont donc pas surpris par cette démolition, car ils avaient été avertis », ajoute Théo Somo.
Chez les commerçants concernés, le sentiment est partagé entre la nécessité de libérer la voie publique et l’inquiétude liée à la perte de leurs espaces de travail.
Charlotte Mambu, vendeuse touchée par l’opération, reconnaît la nécessité de remettre de l’ordre autour de l’UPN, mais s’interroge sur les conditions de survie des vendeurs pendant la période précédant la construction du nouveau marché.
« C’est bien de mettre de l’ordre dans la ville et de nous protéger aussi, parce que nous étions exposés aux dangers. Le problème est de savoir comment nous allons survivre en attendant la construction du marché moderne. Les places sont déjà occupées dans le petit marché de l’UPN. C’est pourquoi nous avons décidé de vendre sur le macadam pour nourrir nos familles. Maintenant, nous n’avons plus de place », témoigne-t-elle.
L’opération a principalement concerné les constructions commerciales considérées comme anarchiques sur la voie publique et ses abords. Les autorités locales indiquent également que plusieurs établissements installés sur cet axe ne versaient aucune redevance à l’État.
Pour les commerçants désormais sans emplacement, la prochaine étape reste donc l’accès à de nouveaux espaces de vente, en attendant la réalisation annoncée du marché moderne.
Milca Nlandu











