Kinshasa : à Kalamu, les déchets plastiques continuent d’envahir les rues

Cinq ans après la publication de la note circulaire du gouverneur de la ville de Kinshasa, interdisant la production, l’importation, la commercialisation et l’utilisation des sacs et autres emballages plastiques,son application demeure peu visible dans la commune de Kalamu. Un reportage réalisé par Authentic360 révèle que cette mesure est encore largement ignorée, avec pour conséquence une accumulation de déchets plastiques dans les rues, les caniveaux et la rivière Kalamu.

Lors d’une descente effectuée dans les quartiers Kimbangu II et Yolo-Sud, l’équipe d’Authentic360 a constaté que plusieurs caniveaux sont bouchés par des déchets plastiques, empêchant l’écoulement normal des eaux. À certains endroits, des eaux stagnantes débordent jusque dans les parcelles, y compris en pleine saison sèche. La rivière Kalamu, quant à elle, est largement recouverte de sachets et d’autres détritus.
Riverain de la rivière Kalamu sur l’avenue Bambili, dans le quartier Kimbangu II, Paul Ipolo affirme que cette situation dure depuis plusieurs années.
« Depuis 2011-2012, nous sommes régulièrement victimes d’inondations à cause des déchets plastiques jetés dans la rivière. À chaque pluie, les habitants des quartiers voisins, ceux vivant à proximité, ainsi que certaines personnes chargées de la collecte des déchets ménagers, y déversent des immondices. Aujourd’hui, la rivière Kalamu est devenue un véritable dépotoir, et ce sont nous, les riverains, qui subissons les inondations, la perte des matériels ainsi que les problèmes de santé », témoigne-t-il.
Dans le quartier Yolo-Sud, le constat est similaire. Sur l’avenue Mbolé, les caniveaux sont également encombrés de sachets plastiques et de déchets divers.

Habitante du quartier, Maman Kathie Bomolo estime que l’interdiction des sachets plastiques n’est pas respectée.
« Même pendant la saison sèche, nous subissons des inondations. Chez moi, l’eau remonte jusque dans la parcelle parce que le caniveau est complètement bouché », déplore-t-elle.
Au-delà des inondations, les habitants dénoncent les risques sanitaires liés à l’insalubrité. Une mère de famille rencontrée sur place affirme que les enfants sont les premières victimes de cette situation.
« Les enfants tombent souvent malades. Nous faisons face à des infections liées à l’insalubrité ainsi qu’à une prolifération des moustiques », explique-t-elle.
Les observations réalisées par Authentic360 et les témoignages recueillis sur le terrain illustrent les difficultés de mise en œuvre du décret interdisant les déchets plastiques. Entre le non-respect de cette mesure et une gestion insuffisante des déchets, les habitants de Kalamu continuent de faire face à des inondations récurrentes, à la dégradation de leur environnement et à des risques sanitaires qui affectent leur quotidien.
Ivonne Isangola, stagiaire UNISIC











