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Ituri : l’insécurité perturbe les activités agricoles à plus de 120 km de Bunia

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À plus de 120 kilomètres au sud de Bunia, dans la province de l’Ituri, l’insécurité pousse de nombreux cultivateurs à éviter leurs champs éloignés. Par crainte des hommes armés, certains préfèrent désormais cultiver à proximité des villages.

Cette situation affecte la production agricole et se ressent sur les marchés locaux, où certains produits, notamment les bananes plantains, se font de plus en plus rares.

« Avant, nous pouvions aller très loin dans nos champs sans avoir peur. Aujourd’hui, beaucoup de cultivateurs préfèrent rester près du village », témoigne Hakizimana Jean.

Plusieurs plantations sont ainsi moins entretenues, voire abandonnées. La baisse des récoltes réduit les revenus des agriculteurs et affecte également l’approvisionnement des marchés.

« Les bananes plantains deviennent difficiles à trouver parce que plusieurs champs ne sont plus accessibles. La quantité a diminué et les prix commencent à augmenter », explique Zawadi Kembilanau, productrice.

L’insécurité complique également l’acheminement des récoltes. Certains commerçants et transporteurs évitent des axes jugés dangereux, limitant les possibilités d’écoulement des produits agricoles.

« Même lorsqu’un agriculteur arrive à récolter, il devient difficile d’évacuer ses produits vers les marchés », déplore Kambale Lewis, commerçant au marché de Busiyo.

Pour les agriculteurs, le choix devient difficile entre assurer leur sécurité et préserver leurs moyens de subsistance.

« Nous sommes obligés de choisir entre notre sécurité et notre travail. Si nous n’allons pas cultiver, nous n’aurons pas de récoltes. Mais dans les zones éloignées, nous avons peur pour nos vies », plaide Nyagadudu Makukwa.

Les acteurs de la société civile appellent les autorités à renforcer la sécurité dans les zones agricoles et sur les axes de desserte afin de permettre la reprise des activités et de faciliter l’approvisionnement des marchés.

À plus de 120 kilomètres de Bunia, les habitants craignent que la persistance de l’insécurité n’accentue davantage la rareté des produits agricoles et la hausse des prix alimentaires.

Reagan Bin Kakani, depuis l’Ituri

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