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Goma : la plage « Kamuchanga » devient plus profonde, les habitués redoutent les noyades

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La plage de « Kamushanga », au bord du lac Kivu à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, est devenue plus profonde après l’installation de grosses pierres qui ont progressivement remplacé le sable. Malgré cette transformation, qui inquiète plusieurs habitués en raison des risques de noyade, des jeunes continuent de fréquenter ce lieu pour se baigner.

En début d’après-midi, quelques baigneurs plongent dans l’eau tandis que d’autres s’installent sur les pierres au bord de la rive. Pour certains jeunes, la baignade à Kamuchanga répond aussi à une nécessité liée au coût de l’eau dans les quartiers.

Vainqueur est l’un d’eux. Il explique que le prix de l’eau pousse certains habitants à se tourner vers le lac.

« Je suis venu prendre bain parce que l’eau au quartier est devenue chère. Trois bidons à 500 FC, c’est très cher. Avec trois bidons, on ne peut pas boire, lessiver et prendre une douche. Il faut impérativement venir prendre bain au lac », témoigne-t-il.

Malgré les risques, ce jeune homme affirme ne pas craindre la noyade.

« Celui qui se noie, c’est son jour. Personnellement, je ne peux pas me noyer », lance-t-il.

Des baigneurs appelés à la prudence

Pour Jacques, habitué de la plage, les baigneurs doivent davantage se méfier lorsque le lac est agité.

« Les gens doivent savoir que lorsqu’il y a des vagues, ils n’ont pas le droit de plonger dans le lac », prévient-il.

Selon lui, certains dangers du lac Kivu ne sont pas toujours visibles et peuvent surprendre même les personnes qui savent nager.

« Il arrive des fois que l’eau présente des phénomènes bizarres. On peut voir quelqu’un entrer juste en contact avec l’eau et se noyer directement, pourtant il sait nager. Ce sont ces raisons qui sont à la base des noyades ici », explique-t-il.

Une plage qui a changé

Matabaro Mbinike, qui dit avoir assisté à l’évolution de Kamuchanga, estime que la configuration actuelle de la plage présente davantage de risques.

Il se souvient d’une époque où le site était principalement couvert de sable et où l’eau était moins profonde.

« À l’époque, il y avait des gens qui voulaient apprendre à nager et les cas de noyades étaient rares, parce que la plage était faite de sable et l’eau était peu profonde, ce qui facilitait la nage », raconte-t-il.

Selon lui, l’arrivée de grosses pierres a progressivement modifié le site.

« Nous avions appris que la plage avait été vendue. Alors ils ont commencé à emmener des grosses pierres afin de pousser l’eau. Vous verrez aujourd’hui quelqu’un vouloir nager croyant que la situation était la même et, en entrant juste en contact avec l’eau, il se noie puisque l’eau est profonde », affirme-t-il.

Malgré ces inquiétudes, Kamuchanga continue d’attirer des jeunes qui cherchent à se rafraîchir. Pour certains, le lac reste une alternative face au coût de l’eau dans les quartiers. Pour d’autres, la transformation de la plage impose désormais davantage de prudence aux baigneurs.

Lucien Sebuke, depuis Goma

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