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Procès Yav et Shauri : la Haute Cour militaire prend l’affaire en délibéré

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La Haute Cour militaire clôt les débats et prend en délibéré, mardi, l’affaire du lieutenant-général Philémon Yav Irung et de son co-prévenu Shauri Chibogo Issa. Les deux hommes comparaissent notamment pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel. Le jugement doit intervenir dans le délai légal.

« La Haute Cour militaire déclare les débats clos. Elle prend l’affaire en délibéré », annonce le premier président de cette juridiction, le lieutenant-général magistrat Joseph Mutombo.

Cette décision intervient après la dernière réplique du ministère public et la contre-réplique des avocats de la défense.

Le parquet maintient ses accusations

Le ministère public rejette les arguments développés par la défense du lieutenant-général Yav, notamment sur l’absence de preuves suffisantes. Dans sa réplique, le lieutenant-général magistrat Lucien-René Likulia défend les éléments présentés au cours du procès et maintient les accusations portées contre les deux prévenus.

Selon le parquet, Philémon Yav aurait, avec le concours de Shauri Chibogo Issa, facilité l’acheminement d’armes et de munitions au profit de combattants du groupe Twigwaneho, présenté dans le dossier comme allié au M23. L’accusation soutient également que des faits liés à des réunions et à un projet de balkanisation de la RDC figurent parmi les éléments du dossier.

Concernant Shauri, présenté comme chauffeur à Bukavu, le ministère public conteste notamment les arguments de la défense sur ses conditions de détention et sur la valeur de ses déclarations. Le parquet affirme que certains aménagements accordés aux détenus pouvaient dépendre de leur comportement et ne constituaient pas, en eux-mêmes, des privilèges susceptibles de remettre en cause la procédure.

La défense conteste les preuves

Les avocats de Philémon Yav maintiennent que les accusations ne reposent sur aucun élément matériel permettant d’établir la culpabilité de leur client.

Me Parfait Kanyanga qualifie ainsi la thèse du ministère public de « chimérique » et demande l’acquittement du lieutenant-général Yav. La défense conteste notamment l’existence d’un élément établissant que son client aurait facilité le transport de munitions au profit de l’ennemi.

Du côté de Shauri Chibogo Issa, la défense remet également en cause les aveux attribués à son client ainsi que certains procès-verbaux de saisie versés au dossier. Elle demande à la Haute Cour militaire de constater que les infractions mises à sa charge ne sont pas établies.

Yav dénonce une « cabale »

Prenant la parole en dernier, le lieutenant-général Philémon Yav plaide non coupable. Il dénonce une « cabale montée de toutes pièces » par certains officiers généraux, qu’il accuse de vouloir nuire à sa personne et aux FARDC.

Le ministère public avait requis, le 3 septembre, la servitude pénale à perpétuité contre Philémon Yav et Shauri Chibogo Issa, avec admission des circonstances atténuantes.

 

Yvette Ditshima 

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