Congo Airways : manifestation des agents sur fond de 28 mois d’arriérés de salaires

Une cinquantaine d’agents et cadres de Congo Airways ont manifesté jeudi devant la Primature à Kinshasa pour dénoncer leurs conditions sociales et réclamer le départ de l’actuelle direction de la compagnie. Au milieu de la chaussée, les manifestants ont notamment installé un cercueil en bois clair, surmonté d’une pancarte à l’effigie du directeur général Alexandre Mukendi et portant la mention « 23.000.000 USD dilapidés ».
Cette manifestation intervient quelques jours après la publication d’une correspondance du président du Conseil d’administration de Congo Airways adressée à la ministre du Portefeuille. Dans ce courrier, le PCA dresse un bilan très critique de la gestion de la compagnie au cours des vingt derniers mois et évoque notamment plus de 23 millions de dollars gérés sans reprise effective des activités aériennes.
Sur place, les agents affirment cumuler 28 mois d’arriérés de salaires. Ils dénoncent également l’absence de prise en charge médicale et des conditions sociales devenues difficiles. « Les enfants ne sont pas rentrés à l’école faute de moyens », témoigne l’un des agents.
Le départ de la direction réclamé
Les manifestants réclament le départ « sans condition » de l’équipe dirigeante, qu’ils accusent d’incompétence et de « sabotage de la vision du Chef de l’État ». Ils demandent à la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, d’intervenir pour trouver une solution à la crise de la compagnie publique.
Le chiffre de 23 millions de dollars revient également dans leurs revendications. Inscrit sur le cercueil symbolique, il fait directement écho au courrier du Conseil d’administration.
Dans cette correspondance, le PCA affirme que plus de 23 millions de dollars ont été mobilisés ou générés entre janvier 2025 et août 2026, notamment à travers des appuis de l’État, des fonds nantis par la CNSS et des recettes issues de l’exploitation d’avions loués à Klasjet. Le Conseil d’administration estime que ces ressources n’ont pas permis de relancer Congo Airways.
Le courrier met également en cause plusieurs opérations de location d’aéronefs, dont celle d’un Airbus A320 auprès d’Allegencia, pour lequel plus de 3 millions de dollars auraient été engagés sans qu’aucun vol commercial ne soit effectué. Une autre opération avec International Air Leases, portant sur une garantie de 255.000 dollars, est également contestée par le Conseil d’administration.
Une compagnie toujours à l’arrêt
Créée en 2014 pour porter le pavillon national, Congo Airways traverse depuis plusieurs mois une grave crise opérationnelle et financière. Selon le Conseil d’administration, aucun avion n’est actuellement exploité par la compagnie, tandis que les difficultés sociales se sont accentuées.
Le personnel affirme de son côté que la situation est devenue intenable. La manifestation de jeudi traduit ainsi une convergence entre les inquiétudes exprimées par le Conseil d’administration sur la gestion de l’entreprise et la colère des travailleurs confrontés aux arriérés de salaires.
Les accusations contenues dans le courrier du PCA et celles formulées par les manifestants restent toutefois des allégations qui doivent être confrontées aux explications de la direction générale et, le cas échéant, aux conclusions des autorités compétentes.
Au moment de la rédaction, la direction générale de Congo Airways n’avait pas encore publiquement répondu à ces différentes accusations.
GKK








