Congo Airways : le Conseil d’administration dénonce une gestion qui aggrave la crise

Le Conseil d’administration de Congo Airways accuse la direction générale d’aggraver la situation déjà difficile de la compagnie aérienne publique. Dans sa correspondance adressée à la ministre du Portefeuille, le PCA dénonce une « gestion hasardeuse et calamiteuse » et estime que la société reste incapable de reprendre normalement ses activités après vingt mois de gestion.
Le Conseil d’administration reproche notamment au directeur général Alexandre Mukendi Tshikala l’absence d’un plan réaliste de reprise, une mauvaise utilisation des ressources financières et plusieurs décisions qui, selon lui, auraient contribué à prolonger l’arrêt des activités commerciales.
Parmi les principales critiques figure la résiliation, en avril 2025, du contrat de location de deux avions de Klasjet. Le PCA estime que cette décision a été prise sans mesures suffisantes pour éviter l’arrêt de l’exploitation.
Des avions loués, mais toujours au sol
Le Conseil d’administration conteste également les conditions dans lesquelles deux autres appareils auraient été loués. Un Airbus A320 d’Allegencia serait immobilisé à N’djili depuis plusieurs mois après plus de 3 millions de dollars de dépenses, sans avoir effectué de vol commercial, selon le courrier.
Une autre opération avec International Air Leases est également mise en cause. Le PCA affirme que 255 000 dollars versés comme garantie n’ont pas permis à Congo Airways de réceptionner l’appareil concerné.
Ces opérations font partie des éléments que le Conseil d’administration présente comme révélateurs d’une gouvernance défaillante et d’un manque de préparation dans la relance de la compagnie.
Des salariés sans salaires réguliers
La crise touche également le personnel. D’après les chiffres communiqués par le Conseil d’administration, six mois et 40 % d’un mois de salaire seulement ont été payés au cours des vingt mois examinés.
Cette situation aurait entraîné une accumulation des arriérés, une démotivation des travailleurs et le départ de plusieurs cadres, notamment dans le secteur des opérations aériennes.
Le PCA évoque également des relations professionnelles devenues tendues au sein de l’entreprise et estime que plusieurs départs ont créé un vide préjudiciable à la reprise des activités.
Face à cette situation, le Conseil d’administration demande des mesures urgentes pour permettre à Congo Airways de retrouver un outil d’exploitation et de préserver l’entreprise publique.
Yvette Ditshima











