Procès Tshiwewe : la défense conteste la détention d’armes et la régularité de la procédure

À Kinshasa, la défense du général d’armée Christian Tshiwewe conteste l’une des accusations portées contre son client. Elle affirme qu’aucune arme n’a été retrouvée à son domicile et dénonce une perquisition qu’elle juge irrégulière.
Ce mardi 8 septembre, devant la Haute cour militaire, Me Parfait Kanyanga a consacré une partie de sa contre-réplique au réquisitoire du ministère public à la question des armes. L’avocat estime que la procédure ayant conduit à cette accusation ne permet pas d’établir que son client détenait effectivement des armes.
« C’est une aberration de dire qu’on a découvert des armes dans le domicile de mon client », a déclaré Me Parfait Kanyanga. Selon lui, aucune arme n’a été présentée à l’audience et aucun procès-verbal de saisie ni scellé ne figure, selon la défense, au dossier.
Une perquisition contestée
La défense conteste également la régularité de la perquisition du domicile du général Tshiwewe. Me Kanyanga affirme qu’elle aurait eu lieu le 9 juillet 2025, alors que le mandat de perquisition n’aurait été délivré que le 28 juillet.
Pour l’avocat, cette chronologie suffit à remettre en cause la valeur des éléments recueillis lors de cette opération.
« Le magistrat ne peut tirer sa conviction de l’irrégularité, des actes qualifiés d’illégaux », a-t-il plaidé, demandant à la Haute cour de considérer comme nulle et inexistante l’accusation de détention d’armes.
La défense s’interroge également sur la provenance des armes évoquées dans le dossier. Elle soutient qu’elles n’ont jamais été présentées au tribunal et qu’aucun élément matériel ne permettrait, selon elle, d’établir qu’elles ont été retrouvées chez le général Tshiwewe.
En contre-réplique au réquisitoire du ministère public, Me Parfait Kanyanga a notamment relevé l’absence, selon lui, de procès-verbal de saisie et de scellés. « Il y a l’absence de scellé parce que ces biens n’ont jamais été montrés à la Haute cour », a-t-il déclaré.
L’avocat a également soutenu que les armes évoquées par l’accusation auraient, si elles avaient effectivement été retrouvées au domicile du général, pu appartenir à des éléments chargés de sa garde. « Si les armes étaient trouvées, devraient être des armes collectives de gardes si on avait trouvé des gardes chez lui », a-t-il expliqué. Selon lui, il faudrait alors s’interroger sur l’appartenance de ces armes à la Garde républicaine, alors que, soutient-il, « le jour de sa détention, la garde était dégarnie ».
La citation à prévenu également contestée
Autre moyen soulevé par la défense : la formulation de la citation à prévenu.
Me Parfait Kanyanga estime que cet acte ne permet pas à son client de comprendre avec suffisamment de précision les faits qui lui sont reprochés. Il demande notamment que les éléments nécessaires à l’exercice des droits de la défense soient clairement précisés dans la décision de renvoi.
La défense du général Maurice Nyembo a, elle aussi, soulevé des irrégularités dans la procédure. Me Étienne Lombela a reproché au ministère public de ne pas avoir suffisamment répondu aux arguments développés par la défense et a demandé la nullité de certains procès-verbaux.
Le ministère public a contesté cette position, estimant que la défense était « incapable de rencontrer » ses arguments.
Après ces échanges, la Haute cour militaire a renvoyé l’affaire au 15 septembre, pour la poursuite de la contre-réplique des avocats.
Christian Tshiwewe est poursuivi avec plusieurs autres militaires dans une affaire portant notamment sur des accusations de complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes, désertion à l’étranger, détention illégale d’armes et de munitions de guerre et incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.
Yvette Ditshima









