Kinshasa : quatre ans après les démolitions sur l’avenue 24 Novembre, les zones expropriées reprennent vie

Là où les bulldozers avaient tout rasé en 2022, les briques, les tôles et le ciment ont repris leurs droits. Quatre ans après les démolitions des constructions jugées anarchiques menées par l’Hôtel de Ville de Kinshasa sur l’avenue 24 Novembre, à cheval entre les communes de Bumbu et de Selembao, les espaces autrefois expropriés présentent aujourd’hui un tout autre visage.

Des maisons à étage sont sorties de terre, des commerces ont rouvert et les activités ont progressivement repris, comme si les démolitions n’avaient été qu’une parenthèse.
Lors d’une descente effectuée par Authentic360, plusieurs parcelles autrefois détruites sont désormais réoccupées. Boutiques, terrasses, stations-service, kiosques et petits marchés ont fait leur réapparition le long de cette avenue très fréquentée.
Si l’activité semble avoir retrouvé son rythme, les souvenirs des démolitions restent encore vifs chez plusieurs habitants. En 2022, l’Hôtel de Ville avait lancé une vaste opération visant à libérer l’emprise de l’avenue 24 Novembre des constructions considérées comme illégales. L’opération avait entraîné la destruction de nombreuses habitations et commerces, laissant plusieurs familles sans logement.
Marie Makengo, qui affirme avoir perdu sa maison lors de cette opération, raconte avoir vécu des moments difficiles.
« En 2022, lorsque les agents de l’Hôtel de Ville ont démoli les maisons construites dans cette zone, nous nous sommes retrouvés sans logement. Beaucoup de nos biens ont été volés parce que tout s’est passé brusquement. Après un certain temps, lorsque la situation s’est calmée, nous sommes revenus nous installer ici », témoigne-t-elle.
Pour plusieurs propriétaires, la question foncière demeure toujours sensible. Certains affirment détenir des titres de propriété délivrés avant les démolitions et continuent de revendiquer leurs parcelles.
En l’absence des dédommagements qu’ils disent attendre depuis plusieurs années, de nombreux sinistrés ont choisi de reconstruire sur les terrains qu’ils occupaient auparavant. Pour eux, cette réinstallation représente le seul moyen de retrouver un logement ou de relancer leurs activités économiques.
Quatre ans après cette opération, l’avenue 24 Novembre offre ainsi l’image d’un espace progressivement reconquis par ses anciens occupants, malgré les interrogations qui persistent sur le statut de certaines parcelles et sur les suites réservées aux victimes des démolitions.
Milca Nlandu











