Kinshasa : à Masina, les vendeuses de tricots de friperie peinent à écouler leurs marchandises

Des pull-overs étalés au marché Livia à Masina Petro Congo
Habituellement très recherchés pendant la saison sèche en République démocratique du Congo, les tricots de friperie connaissent cette année une baisse des ventes au marché Livia, situé dans le quartier Petro Congo, dans la commune de Masina à Kinshasa. Les commerçantes interrogées attribuent cette situation à la dégradation de la qualité des vêtements contenus dans les ballots, à la hausse de leur prix d’achat ainsi qu’au faible pouvoir d’achat des ménages.
Vendeuse de tricots de friperie depuis plus de 23 ans, Maman Nesho affirme que les articles proposés aujourd’hui ne répondent plus aux attentes de la clientèle. Selon elle, les ballots contiennent davantage de vêtements usés qu’auparavant, ce qui rend leur écoulement plus difficile.
« Je fais ce métier depuis mon jeune âge. Aujourd’hui, la qualité des tricots n’est plus celle d’avant. Même en 2024, les articles étaient encore de bonne qualité. Maintenant, les ballots contiennent davantage de vieux vêtements. Avant, un ballot pouvait être vendu en une seule journée. Aujourd’hui, il faut parfois quatre jours, voire une semaine pour l’écouler », témoigne-t-elle.
À cette baisse de qualité s’ajoute, selon elle, une hausse importante du prix des ballots, qui réduit considérablement les bénéfices.

« Avant, nous achetions un ballot de tricots entre 50 et 60 dollars. Aujourd’hui, il coûte entre 140 et 160 dollars. Nos bénéfices ont beaucoup diminué. Parfois, nous ne gagnons qu’une dizaine de dollars sur un ballot. Pourtant, c’est ce commerce qui nous permet de nourrir nos familles. Malgré les promotions que nous faisons, les ventes ne sont plus comme avant », ajoute-t-elle.
Du côté des clientes, la qualité des vêtements influence également les habitudes d’achat. Maman Jolie, mère de six enfants, explique qu’elle privilégie désormais des vêtements neufs lorsqu’elle recherche une meilleure qualité.
« Je n’achète plus autant de tricots qu’avant, car leur qualité a baissé. Je préfère acheter un survêtement de bonne qualité dans une boutique. Mon enfant peut le porter pour sortir ou aller à l’église », explique-t-elle.
Les témoignages recueillis au marché Livia mettent en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées les vendeuses de friperie. Entre une qualité des articles jugée moins satisfaisante, la hausse du prix des ballots et le faible pouvoir d’achat des ménages, plusieurs commerçantes disent peiner à maintenir leurs revenus. Elles espèrent une baisse du coût des ballots afin de relancer leurs activités durant cette période où les tricots figurent habituellement parmi les vêtements les plus prisés de la saison sèche.
Miriam Luasa, stagiaire UNISIC











