« Mpuku amemi congélateur » : la drogue en vogue à Kinshasa

Diazépam, prométhazine, cyproheptadine, tramadol… Une dangereuse association des produits pharmaceutiques produit des effets tout aussi dangereux chez des jeunes consommateurs.
« Mpuku amemi congélateur »( littéralement le ras qui porte un congélateur). Derrière ce nom se cache un mélange artisanal de médicaments détournés de leur usage médical. Selon nos informations, il associe du diazépam, de la prométhazine, de la cyproheptadine et du tramadol.
Néanmoins la pièce maîtresse, c’est le diazépam, explique Jortis 20 ans, consommateur rencontré dans la commune de Kalamu.
« Tu as l’impression de porter un lourd fardeau sur la tête. Ça rend très fatigué. ça donne un sommeil lourd. Tu deviens furieux, très méchant. Certains prennent cela pour avoir du courage avant de voler ou pour coucher avec une fille » raconte-t-il.
10.000 francs congolais, c’est le montant à débourser pour former ce cocktail de tous les extrêmes.
« Certains font des convulsions après la consommation. Moi, ça ne m’est jamais arrivé, ça dépend des organismes » explique le jeune homme qui dit consommer ce produit pour se divertir.
Hervé Mutinzunu, médecin à la clinique Les Archanges à Lemba, alerte sur le danger de chaque produit qui constitue le mélange.
« Le diazépam est une benzodiazépine qui déprime le système nerveux central. La prométhazine a des propriétés sédatives majeures. La cyproheptadine, même à faible dose, altère la vigilance. Mélangés sans contrôle, ces produits provoquent une dépendance rapide et une intoxication sévère », prévient-il.
Et d’ajouter : « On peut avoir un blocage du centre respiratoire au niveau des poumons, une défaillance de la filtration rénale pouvant aller jusqu’à l’insuffisance rénale aiguë »
Dans un autre volet, la consommation de ce mélange par les jeunes peuvent aussi provoquer une diminution de la concentration, des troubles de la mémoire, une altération du jugement et des troubles graves du comportement, selon ce médecin.
Alors que la vente de ces médicaments nécessite une ordonnance médicale, certaines pharmacies de la capitale continuent de les céder clandestinement, moyennant quelques billets de banque et grâce à un jargon approprié. « Modebe », par exemple, désigne le tramadol.
Jevic Ebondo











