RDC : face aux enjeux judiciaires, le gouvernement veut mieux protéger les journalistes

La protection des journalistes face aux poursuites judiciaires et aux interventions des services de sécurité était au cœur d’une table ronde nationale clôturée lundi 12 octobre, au Cercle de Kinshasa, par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
Cette rencontre a réuni des représentants du Gouvernement, de la Justice, des services de sécurité, du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) et des organisations professionnelles des médias. L’objectif était notamment de clarifier les droits et les obligations des journalistes dans leurs rapports avec la Justice et les services de sécurité.
Les échanges ont porté sur l’application de l’Ordonnance-loi n° 23/009 du 13 mars 2023 relative à la liberté de la presse, ainsi que sur son articulation avec le droit pénal congolais.
À cette occasion, Patrick Muyaya a plaidé pour une meilleure protection des journalistes professionnels. Il a annoncé l’accompagnement du Gouvernement à la deuxième phase de délivrance de la carte d’identité professionnelle des journalistes, avec une procédure appelée à être numérisée.
Le ministre a également proposé une réflexion sur une circulaire destinée aux magistrats des parquets afin de mieux encadrer le traitement des affaires impliquant des journalistes, notamment en tenant compte des mécanismes de droit de réponse et de rectification prévus par la loi.
De son côté, le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, a rappelé que la liberté de la presse doit s’exercer dans le respect des droits d’autrui et des garanties judiciaires. Il a également mis en garde contre la désinformation et les discours de haine, soulignant que la responsabilité pénale d’un journaliste ne saurait être automatique.
Le président du CSAC, Christian Bosembe, a, pour sa part, insisté sur le fait que le statut de journaliste ne confère aucune immunité devant la loi. Le président de l’ONG Journalistes en danger (JED), Donat M’baya, a plaidé pour la mise en place d’un mécanisme national de protection des journalistes.
À l’issue des travaux, les participants sont appelés à formuler des recommandations opérationnelles, notamment l’élaboration d’un protocole national d’alerte et le renforcement du dialogue entre les médias, la Justice et les services de sécurité.
JL









