RDC : des leaders de la société civile réclament la révocation d’Ève Bazaiba

Des leaders d’organisations de la société civile congolaise ont saisi le président de la République, Félix Tshisekedi pour demander la révocation de la ministre d’État chargée des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba.
Dans un mémorandum du 24 août dernier, ils reprochent à la ministre plusieurs faits qu’ils jugent graves, allant de la gestion des fonds publics destinés à l’aide humanitaire à des faits présumés de séquestration et de torture.
Les signataires évoquent notamment une « incompétence notoire dans la gestion du ministère », estimant que l’assistance aux personnes vulnérables, notamment les veuves, orphelins, déplacés, réfugiés et personnes vivant avec handicap, n’est pas suffisamment assurée.
Ils dénoncent également une « opacité dans la gestion des fonds publics », faisant état de soupçons de détournement autour de fonds destinés à l’aide humanitaire aux réfugiés congolais à Bujumbura. Ils demandent, à ce sujet, l’ouverture d’une enquête par l’Inspection générale des finances.
Le cas Bishop José Rashidi au centre du mémorandum
Le document revient surtout sur les événements du 17 août dernier concernant Bishop José Rashidi, militante de la société civile et membre de l’organisation Femmes Fortes.
Selon les signataires, la militante aurait été séquestrée, violentée et soumise à des traitements inhumains et dégradants dans l’antichambre du ministère des Affaires sociales.
Ils accusent directement Ève Bazaiba d’avoir fait convoquer la militante avant sa conduite au cachot.
« En convoquant une citoyenne dans son cabinet ministériel pour la faire ensuite séquestrer, torturer et conduire au cachot, Madame la Ministre d’État Ève Bazaiba s’est rendue coupable d’un abus d’autorité », soutiennent-ils.
Ils sollicitent parallèlement une enquête de l’Inspection générale des finances sur la gestion des fonds publics au sein du ministère et la saisine du Parquet général près la Cour de cassation sur les faits présumés de torture, séquestration et voies de fait.
Ils réclament enfin « la libération immédiate de Mme Bishop José Rashidi et la protection des lanceurs d’alerte ».
Pour ces organisations, l’affaire intervient alors que la RDC entend afficher davantage d’engagement en faveur des droits humains, notamment dans le contexte de la mise en œuvre des accords de paix de Washington. Elles estiment que les faits dénoncés dans leur mémorandum ne peuvent rester sans suite.
MNM










