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RDC : Ambongo et Ejiba Ya Mampia s’opposent sur le changement de la Constitution

À l’occasion de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, les Églises catholique et de Réveil ont affiché, mardi à Kinshasa, des positions diamétralement opposées sur le projet de changement de la Constitution, dans un contexte marqué par les débats autour de la loi sur le référendum.

Au cours de la messe célébrée à la cathédrale Notre-Dame du Congo, l’archevêque métropolitain de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo, est revenu sur la récente déclaration de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), réaffirmant l’opposition de l’Église catholique à toute réforme constitutionnelle.

« Pensez-vous vraiment que le changement de la Constitution, avec en visée un troisième mandat, soit la réponse la plus adéquate au drame que vivent les populations congolaises ? », s’est-il interrogé devant les fidèles.

En présence notamment des opposants Martin Fayulu et Delly Sesanga, également hostiles à la réforme constitutionnelle, le cardinal a insisté sur ce qu’il considère comme les véritables priorités du pays.

« La priorité de la RDC aujourd’hui, c’est la paix et le bien-être social du peuple », a-t-il déclaré.

À l’opposé, l’Église de Réveil du Congo (ERC) a organisé un culte patriotique au cours duquel son représentant légal, l’archevêque Evariste Ejiba Ya Mampia, a plaidé pour la poursuite du processus référendaire.

« Nous lançons un appel aux juges de la Cour constitutionnelle afin qu’ils fassent diligence et renvoient la loi référendaire au magistrat suprême pour qu’il prenne l’ordonnance permettant au peuple de se prononcer », a déclaré l’archevêque.

Lors de cette même cérémonie, le responsable de l’Église Sang Précieux, Jean Bosco Kindomba, a également apporté son soutien au projet de réforme, estimant que : « Lorsque la Constitution sera changée, il faut que l’hymne national change aussi. »

Ces prises de position interviennent alors que le président de la République, Félix Tshisekedi, a annoncé, dans son discours à la Nation du 30 juin, avoir déféré à la Cour constitutionnelle la loi fixant les conditions d’organisation du référendum, adoptée par le Parlement, afin qu’elle en contrôle la conformité à la Constitution avant une éventuelle promulgation, conformément à l’article 160, alinéa 3, de la Loi fondamentale.

Pendant ce temps, la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) maintient son appel à une marche le 8 juillet pour exiger la démission du chef de l’État, qu’elle accuse d’être « entré en rébellion contre la Constitution » en soutenant le processus référendaire.

Jevic Ebondo

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