PAMOJA TASTE

PAMOJA TASTE

Goutez aux délices d'un bon Cocktail

Commandez

Kinshasa : des heurts et des gaz lacrymogènes lors de la manifestation de la C64

IMG-20260916-WA0088

À Kinshasa, en République démocratique du Congo, la manifestation de la coalition de l’opposition C64 a été marquée mardi 15 septembre par des heurts à Limete. Des projectiles ont été lancés en direction du cortège et la police a fait usage de gaz lacrymogènes.

Il était presque midi lorsque Delly Sesanga, Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund, accompagnés de leurs militants, ont commencé à avancer sur le boulevard Lumumba. Selon l’itinéraire annoncé, le cortège devait ensuite emprunter le boulevard Sendwe avant de rejoindre le boulevard Triomphal, où le siège de l’ECiDé constituait le point de chute prévu.

Les manifestants scandaient notamment : « Aujourd’hui, nous avons deux lignes rouges : pas de troisième mandat, pas de changement de la Constitution ». D’autres lançaient : « Congo eza lopango ya Tata nayo te Tshilombo », autrement dit, « le Congo n’est pas la parcelle de ton père ».

La situation dégénère à Limete

Dans un premier temps, la mobilisation se déroulait sans incident majeur. La police assurait l’encadrement du cortège depuis son point de départ, avec notamment la présence d’Israël Kantu, responsable de la police à Kinshasa.

La tension est montée à l’approche de la 13e rue, à Limete. Des personnes présentées par des manifestants comme des membres de la Force du progrès, une structure liée à l’UDPS, ont lancé des projectiles en direction du cortège.

Les jets de projectiles ont été suivis d’accrochages. Des personnes présentes sur place étaient munies d’armes blanches, notamment de machettes et d’autres objets tranchants, selon des témoins.

« Si l’UDPS veut faire barrage, qu’elle programme une date. Aujourd’hui, nous n’allons pas nous battre », a lancé un militant de la LGD.

Un militant d’Ensemble pour la République, dont le vêtement avait été déchiré pendant les échauffourées, a pour sa part accusé les forces de l’ordre de soutenir les personnes présentées comme membres de la Force du progrès.

« Vous avez vu, la police est de mèche avec la Force du progrès. Ensemble, ils nous ont attaqués, mais nous n’allons pas nous fatiguer », a-t-il déclaré.

La police a alors fait usage de gaz lacrymogènes, dispersant une partie des participants. Le cortège n’a finalement pas atteint le point de chute prévu près du siège de l’ECiDé, sur le boulevard Triomphal.

Fayulu évoque un « guet-apens »

Après les incidents, Martin Fayulu lun des cadres de la coalition C64 a dénoncé ce qu’il considère comme une attaque préméditée contre la mobilisation.

« On nous a tendu un guet-apens. C’est extrêmement grave. J’ai vu des machettes à 4 mètres de chez moi », a-t-il déclaré.

Fayulu évoque un « attentat prémédité »

Après les incidents, Martin Fayulu a dénoncé ce qu’il considère comme une attaque préméditée contre la mobilisation.

« C’était, comme un attentat prémédité. On nous a tendu un guet-apens. C’est extrêmement grave », a-t-il déclaré.

L’opposant a également raconté avoir dû courir pour échapper aux personnes qu’il dit avoir vues munies de machettes.

« C’était une course de fond. Les gars ( Force du progrès) étaient à 3 mètres de moi avec des machettes », a-t-il relaté.

Concernant les gaz lacrymogènes, Martin Fayulu explique avoir d’abord pensé que la police cherchait à repousser les personnes qui affrontaient le cortège.

« On s’est dit : voilà, c’est la police qui nous protège et repousse les éléments de la Force du progrès. On avance, on voit maintenant les policiers en train de lancer des tirs de gaz lacrymogènes vers chez nous », raconte-t-il.

Il soutient également que des membres de cette structure étaient positionnés le long du parcours.

« Tout le long du boulevard, ce sont les éléments des Forces du progrès qu’ils ont placés pour nous attaquer », affirme-t-il.

Des accusations contre le pouvoir

Martin Fayulu accuse directement le pouvoir d’avoir organisé ce qu’il qualifie de guet-apens contre les opposants.

« Félix Tshisekedi nous a tendu un guet-apens. Il prend ses éléments de la Force du progrès avec les policiers qui étaient supposés nous sécuriser », soutient-il.

Il accuse également le gouvernement de collaborer avec ce qu’il qualifie de milice privée pour réprimer les manifestations de l’opposition.

Ces accusations relèvent de la lecture de Martin Fayulu des événements et ne permettent pas, à elles seules, d’établir les responsabilités qu’il attribue au pouvoir, à la police ou à la Force du progrès.

Le souvenir du combat de 2016

Martin Fayulu a enfin rappelé les mobilisations politiques de 2016 contre la révision de la Constitution.

« Félix Tshisekedi a combattu avec moi en 2016 le même combat pour dire non au changement de la Constitution », a-t-il déclaré.

Il ajoute : « Non au changement et à la révision de la Constitution. Non au référendum. C’est lui qui a dit non ».

La manifestation de la C64 s’est achevée sans atteindre le point de chute prévu près du siège de l’ECiDé. La mobilisation, organisée contre le changement de la Constitution et un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi, a été marquée à Limete par des affrontements et l’usage de gaz lacrymogènes.

Yvette Ditshima

Share with