Congo : inauguration du centre de réinsertion de 400 anciens délinquants à Aubeville

Le président congolais Denis Sassou-Nguesso a inauguré, mercredi 12 août, à Aubeville, à près de 300 kilomètres au sud de Brazzaville, un centre consacré à la réinsertion d’anciens délinquants, communément appelés « Kulunas ».
Installé sur un site de 13 hectares au pied de hautes montagnes, le centre accueille une première cohorte de 200 jeunes. Sa capacité doit progressivement atteindre 400 bénéficiaires venus de l’ensemble des départements du Congo.
Parmi les pensionnaires figure Noldy Omessa, 26 ans. Vêtu de bleu, comme les autres jeunes du centre, il reconnaît avoir été interpellé notamment pour consommation de chanvre indien.
« Personnellement, je n’ai peut-être pas su [bien] marcher dans mon passé. Si on m’a arrêté, c’est parce que j’ai eu à faillir quelque part. On me reproche le chanvre [indien]. Je l’ai pris », témoigne-t-il.
Une formation sur douze mois
Le programme de réinsertion s’étend sur douze mois. Les trois premiers mois sont consacrés à l’encadrement éducatif. Les neuf mois suivants doivent permettre aux jeunes de bénéficier d’un accompagnement destiné notamment à prendre en compte leurs traumatismes physiques et psychologiques, mais aussi d’apprendre un métier.
Les formations proposées portent notamment sur la boulangerie, la pâtisserie, la menuiserie, la soudure et l’agro-pastorale.
« Ici, les jeunes vont apprendre la boulangerie, la pâtisserie, la menuiserie, l’agro-pastorale. Et ils apprennent également la soudure. L’objectif d’Aubeville est l’insertion et la réinsertion des jeunes », explique Emery Patrick Akondzo Olandzobo, directeur général de l’Agence nationale d’insertion et de réinsertion sociale des jeunes.
À la fin de leur formation, les bénéficiaires devront élaborer des projets professionnels. Le gouvernement prévoit ensuite d’accompagner ces initiatives afin de faciliter leur réintégration dans la société et leur autonomie économique.
De la délinquance à la réinsertion
Les jeunes pris en charge dans ce centre ont, pour certains, été impliqués dans des faits de consommation de stupéfiants, de vols, de violences, d’homicides ou encore de viols.
Ils ont notamment fait l’objet d’interpellations menées depuis près d’une année par la garde présidentielle, avant leur orientation vers ce programme de réinsertion.
À travers ce centre, les autorités congolaises misent désormais sur l’encadrement, l’accompagnement psychologique et la formation professionnelle pour permettre à ces jeunes de tourner la page de la délinquance et de retrouver une place dans la société.









