Camp-Luka sous les eaux : quand les travaux du pont Mahenge relancent la question du drainage

Baffles, télévisions, radios et amplificateurs gisent dans l’eau à l’église Feu Dévorant, située sur l’avenue Bambaka, à Camp-Luka, dans la commune de Ngaliema. Au lendemain de la pluie du dimanche 11 octobre, les fidèles n’ont pu accéder à leur lieu de culte.
Mais derrière ces dégâts, les riverains posent une question plus large : les travaux du pont Mahenge ont-ils aggravé un problème de drainage déjà chronique dans le quartier ?
Dimanche, alors que les cultes devaient se tenir, la pluie a transformé les abords de l’église en une étendue d’eau. Des fidèles ont tenté d’évacuer l’eau à l’aide de seaux, sans parvenir à empêcher son infiltration dans le bâtiment.

« Nous lançons un cri d’alarme face à cette situation d’inondation à Camp-Luka. Nous n’avons même pas pu accéder à l’église, car l’eau a envahi son enceinte. Depuis les dernières pluies, la situation ne cesse de se dégrader. C’est déjà la cinquième fois que nous sommes confrontés à ce problème », déplore le responsable de l’église Feu Dévorant.
Selon lui, des chaises, des baffles, des amplificateurs et des batteries ont été endommagés. Certains appareils électroménagers ont également été trempés.
À quelques mètres de l’église, l’avenue Bambaka présente elle aussi des traces visibles des eaux stagnantes. Plusieurs riverains affirment que les pluies répétées des derniers jours ont envahi leurs parcelles, rendant difficile la circulation et inquiétant les commerçants installés le long de la voie.
Nzubi Kabamba, habitante de l’avenue Bambaka, pointe du doigt un creusement effectué à proximité du pont Mahenge. Pour elle, ce trou serait devenu l’un des points de collecte des eaux pluviales, avant qu’elles ne se répandent dans les concessions voisines.
« La route était en très bon état auparavant. Les gens vendaient même à côté. Mais c’est un engin de l’entreprise qui exécute les travaux au niveau du pont qui a creusé un trou à proximité de celui-ci. Les eaux qui envahissent nos parcelles proviennent également de ce trou. Depuis le début des grandes pluies, nous ne savons plus où aller », affirme-t-elle.
Les habitants accusent l’entreprise AARON SEFU SARL, chargée des travaux au niveau du pont Mahenge. Ils demandent une intervention rapide pour combler ou sécuriser le creusement, restaurer l’écoulement des eaux et éviter de nouveaux dégâts en cas de pluie.
Contactée, l’entreprise n’avait pas encore réagi au moment de la publication de cet article. La commune de Ngaliema et les services techniques compétents n’avaient pas non plus communiqué sur l’origine exacte des inondations, ni sur les mesures envisagées.
La question du drainage reste centrale. À Camp-Luka, les eaux pluviales peinent à trouver un exutoire lorsque les caniveaux sont obstrués, inexistants ou modifiés par des travaux. Le quartier avait déjà connu des accumulations d’eau stagnante, notamment sur l’avenue du Cimetière, où un bassin d’eau avait bloqué la circulation.
Ce n’est pas la première fois que Camp-Luka subit les conséquences des fortes pluies. Jeudi 8 octobre déjà, certaines avenues du quartier s’étaient retrouvées dégradées après les averses. Les habitants estiment désormais que le phénomène devient récurrent et réclament des solutions durables.
Pour les fidèles de l’église Feu Dévorant, l’urgence est double : récupérer leur lieu de culte et obtenir une indemnisation ou une assistance pour le matériel détruit. Pour les riverains, il s’agit surtout d’éviter que la prochaine pluie ne transforme de nouveau l’avenue Bambaka en bassin.
Christian Matondo











