Affaire Bingi Belo : la Fecofa confirme la décision en faveur du TP Mazembe

Le TP Mazembe conserve le bénéfice de sa victoire face au FC Les Aigles du Congo et, par ricochet, son titre de champion de la Linafoot 2025-2026. La Commission de discipline et des contentieux (CDC) de la Fédération congolaise de football association (Fecofa) a rejeté le recours des Aigles dans le dossier de l’alignement de Chadrack Bingi Belo.
Dans sa décision n°013/CDC/FECOFA, rendue le 23 septembre 2026 et notifiée aux parties le 30 septembre, la CDC a déclaré la requête du FC Les Aigles du Congo « recevable, mais non fondée ». Elle a ainsi confirmé la décision initiale de la Ligue nationale de football (Linafoot), qui avait déjà validé la qualification du joueur et homologué le résultat du match du 11 juin remporté 2-0 par les Corbeaux de Lubumbashi.
Au centre du contentieux figurait la régularité de l’alignement de Chadrack Bingi Belo par le TP Mazembe durant les play-offs. Les Aigles du Congo soutenaient notamment que le joueur ne disposait pas d’une licence FIFA Connect régulièrement établie au nom du club lushois et réclamaient la production de ce document.
La CDC a toutefois retenu que la Fecofa demeure l’instance compétente pour certifier l’enregistrement des joueurs. Selon les éléments versés au dossier, des correspondances de la fédération, remontant au mois de juin 2026, ont confirmé que Bingi Belo était régulièrement enregistré par le TP Mazembe.
La commission a aussi rappelé le communiqué de la Fecofa du 26 avril 2026, lequel autorisait exceptionnellement les clubs à procéder à des transferts. Elle n’a pas estimé que les Aigles du Congo avaient apporté la preuve d’une intention frauduleuse du TP Mazembe dans l’enregistrement du joueur.
Le FC Les Aigles du Congo avait également soulevé des inquiétudes sur l’identité sportive du joueur. Plusieurs pièces du dossier mentionnaient le même nom, Chadrack Bingi Belo, mais présentaient différentes années de naissance : 2003, 2005 et 2007.
Pour la CDC, ces incohérences relèvent d’erreurs matérielles et n’affectent pas la qualification du joueur. La commission a donc considéré que le TP Mazembe disposait des éléments administratifs suffisants, notamment à travers la licence FIFA Connect, pour justifier l’alignement de son joueur.
Cette lecture tranche avec la thèse défendue par les Aigles du Congo. Leur direction soutenait que le joueur devait obtenir une lettre de libération de son dernier club enregistré, présenté comme le DCMP Bumba devenu Académie Football Les Aigles du Congo, avant toute régularisation au TP Mazembe. Le club kinois estimait qu’en l’absence d’une telle procédure, le joueur ne pouvait être qualifié pour les play-offs.
L’enjeu sportif était considérable. Le 20 juin 2026, le TP Mazembe avait été sacré champion de la 31e édition de la Ligue 1 après son succès 2-0 contre le Céleste FC lors de la dernière journée des play-offs. Les Corbeaux avaient achevé la saison avec 30 points, un point devant le FC Les Aigles du Congo, crédité de 29 unités.
La Linafoot avait, le même jour, rejeté la réclamation initiale des Aigles concernant le match du 11 juin. Avec la confirmation de la CDC, le succès 2-0 de Mazembe dans cette rencontre est maintenu, tout comme le classement final du championnat.
Cette issue sécurise donc le 21e titre de champion de RDC du TP Mazembe. Les Badiangwenas et le FC Les Aigles du Congo doivent représenter la RDC à la prochaine Ligue des champions de la CAF, tandis que l’AS Maniema Union a obtenu une place en Coupe de la Confédération.
La décision de la CDC clôt la procédure interne devant les instances nationales, sans nécessairement mettre fin au différend. Avant le verdict, le président des Aigles du Congo, Vidiye Tshimanga, avait indiqué vouloir épuiser toutes les voies de recours, y compris devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), si la question de la licence du joueur ne recevait pas une réponse jugée satisfaisante.
Le FC Les Aigles du Congo peut donc encore choisir de porter l’affaire devant la juridiction arbitrale internationale. À ce stade, aucune saisine formelle du TAS n’a été confirmée publiquement.











